Éthiopie : l’Union Européenne interrompt l’aide suite au conflit tigréen

Le conflit au Tigré a contraint l’Union Européenne à interrompre l’aide accordé à l’Ethiopie dont le Premier ministre, Abiy Ahmed, fait le sourd face aux multiples appels à la paix.

L’Union Européenne a reporté près de 90 millions d’euros (59,1 milliards FCFA) de paiements d’appui budgétaire à l’Éthiopie, en raison des préoccupations du bloc face à la crise du Tigré, selon un document de l’UE consulté par diverses organisations de médias.

Cette décision met en évidence le souhait de l’UE de cesser les hostilités et ses préoccupations concernant les restrictions à l’accès humanitaire et médiatique à la région Nord, selon le document. La guerre de cinq semaines a tué des milliers de personnes et déplacé 950 000, selon les estimations de l’ONU, environ 50 000 d’entre eux ont fui au Soudan.

Le conflit a commencé depuis le 4 novembre dernier, après que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé une attaque militaire contre le parti au pouvoir du Tigré, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Il a déclaré que cette décision était venue en réponse aux attaques orchestrées par le TPLF contre les camps de l’armée fédérale, dans la région.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a déclaré la victoire après que les troupes fédérales ont pris la capitale régionale Mekele fin novembre, affirmant que les hostilités étaient « terminées ». Mais l’ONU a depuis signalé des combats dans plusieurs parties de la région.

Le conflit marque un dilemme politique pour les gouvernements occidentaux qui considèrent l’Éthiopie comme un allié dans la lutte contre l’extrémisme islamique au Soudan voisin. L’UE est également préoccupée par les informations selon lesquelles des civils ont été la cible des forces gouvernementales et du Front de libération du peuple du Tigré.

Le financement reporté de l’Union Européenne s’élève à 88,5 millions d’euros (58,1 milliards FCFA) et comprend 60 millions d’euros (39,4 milliards FCFA) pour un programme de soutien des transports et des liaisons logistiques avec les voisins de l’Éthiopie et 17,5 millions d’euros (11,4 milliards FCFA) pour le secteur de la santé.