Ethiopie et Erythrée : la paix, enfin ?

Le 4 juin dernier, l’OUA a proposé un plan de paix à l’Erythrée et à l’Ethiopie, afin de mettre un terme à deux années d’une guerre dévastatrice. Mais si l’Erythrée a rapidement accepté les propositions de l’OUA, l’Ethiopie n’a donné qu’un  » accord de principe « . Qu’en est-il de ce plan ?

Les propositions faites par l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), en faveur de la paix entre l’Ethiopie et l’Erythrée, mettent un terme aux 13 jours de négociations dites de  » proximité  » lancés à Alger avec le soutien des Etats-Unis et de l’Union Européenne. Le document final a été remis dimanche 4 juin aux délégations érythréenne et éthiopiennes.

Dès le 9 juin dernier l’Erythrée a fait savoir qu’elle acceptait le plan de paix proposé par l’OUA. Le lendemain, la délégation éthiopienne annonçait son accord  » de principe « , et le Parlement éthiopien doit se prononcer cette semaine sur la question.

Cet accord comporte trois points principaux : les conditions d’un accord de cessez-le-feu, avec l’arrêt immédiat des hostilités à partir de la signature du document, le retrait des troupes éthiopiennes aux positions qu’elles occupaient à la frontière avant le 6 mai 1998, et le déploiement d’une force de maintien de la paix dans les plus brefs délais le long des 1000 km de frontière.

Une frontière entre guerre et paix

Le plan prévoit un respect des frontières en vigueur au moment de l’indépendance, selon une résolution adoptée par le sommet de l’OUA au Caire en 1964. Un point qui risque de faire grincer l’Ethiopie. Mais pour consolider la paix sur cette frontière si meurtrière, l’OUA prévoit une  » zone de sécurité temporaire «  surveillée par la Mission de maintien de la paix. Cette mission doit être déployée par les Nations Unies sous l’égide de l’OUA, et les deux pays doivent s’engager à favoriser sa situation et son travail sur le terrain.

Même si dès dimanche une accalmie était visible sur le terrain, rapporte l’AFP, les combats ont continué dans certaines zones. Et selon la BBC, les nombreux obstacles qu’a rencontré le processus de paix jusqu’à maintenant pourraient bien resurgir.