Ethiopie : Amnesty dénonce la vague de répression

Amnesty International dénonce les atteintes massives des droits humains qui s’abattent sur l’opposition et les manifestants, en Ethiopie.

L’organisation Amnesty International a dénoncé, mardi 26 mai 2015, dans un communiqué de presse, les atteintes massives des droits humains qui s’abattent sur l’opposition et les manifestants, en Ethiopie, suite aux élections du 24 mai dernier.

« La campagne électorale a été caractérisée par une offensive contre les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion. Cette offensive a porté atteinte au droit de participer librement et sans crainte aux affaires publiques, car le gouvernement a sévi contre toutes les forces dissidentes légitimes », a déclaré la directrice régionale pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et les Grands Lacs à Amnesty International, Muthoni Wanyeki.

Enregistrés en bonne et due forme, des journalistes, blogueurs, manifestants et opposants sont incarcérés par les autorités éthiopiennes qui ont recouru à des mesures de harcèlement et des lois répressives contre les médias indépendants et les organisations de la société civile, poursuit Amnesty International, dans son communiqué.

Bien avant la tenue des élections, les opposants ont remarqué des restrictions accrues qui pèsent sur leurs activités. A l’instar du parti Semayawi (Bleu), souligne Amnesty International. Selon l’organisation, la Commission électorale nationale a annulé plus de la moitié de l’enregistrement des candidats du parti Semayawi. Sur candidats inscrits, seuls 139 étaient en lice.

Une mission d’observation électorale de l’Union Africaine (MOEUA), se trouve actuellement en Ethiopie, Amnesty International lui demande d’évaluer et de témoigner du contexte en matière des droits humains autour des élections autant dans leurs communications publiques et privées.

Par ailleurs, l’organisation dit engager la MOEUA d’émettre des recommandations concrètes afin de lutter contre les violations flagrantes, systématiques et généralisées des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion, qui ont affaibli le droit de participer librement et sans crainte aux affaires publiques.

En outre, Muthoni Wanyeki a lancé un appel aux observateurs électoraux. « Les observateurs électoraux de l’Union Africaine ont la responsabilité de prêter attention aux violations des droits humains spécifiques aux élections mais survenant également dans un contexte plus large ».

« La Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples protège le droit des Éthiopiens de participer librement à la gouvernance de leur pays. Ce droit a été gravement fragilisé par les violations d’autres droits civils et politiques au cours de la période ayant précédé les élections », a-t-elle conclu.