Etau fiscal au Cameroun

L’Etat camerounais est en déficit budgétaire sur l’exercice des quatre derniers mois. Il doit trouver de toute urgence 88 milliards de FCFA de recettes fiscales pour rééquilibrer ses comptes. Les contribuables tremblent.

Un sou est un sou et l’Etat camerounais a besoin d’argent. 88 milliards de FCFA (880 millions de FF) pour redresser ses comptes. Une somme. C’est qu’il doit rééquilibrer son budget en déficit sur l’exercice des quatre derniers mois. La crédibilité de son programme triennal, conclu avec le Fond monétaire international (FMI), en dépend. Le ministère de l’Economie et des Finances entend bien rentrer dans ses comptes. Il a demandé à la direction des impôts et à celle des douanes d’accroître la pression fiscale partout où cela est possible. Les contribuables sont inquiets.

77 milliards de FCFA de recettes sont attendues pour le mois de juin. Auxquelles il faut ajouter les 11 milliards manquants des mois d’avril et de mai. L’Etat, qui avait réussi à respecter jusque-là les cadres économiques convenus avec le FMI, a échoué à maintenir le niveau prévu des recettes fiscales du pays. Sur les 231 milliards de FCFA initialement escomptés sur la période, seuls 143 milliards sont actuellement dans les caisses du gouvernement.

Mobiliser toutes les techniques de recouvrement

Le ministère de l’Economie est sur le sentier de la guerre. Au ministre délégué chargé du budget, Roger Melingui, d’enjoindre la Direction des douanes et celle des impôts d’utiliser toutes les techniques de recouvrement à leur disposition pour accroître les deniers de l’Etat. Il réclame « l’application sans complaisance de la législation  » et le renforcement des contrôles fiscaux dans le pays. Un zèle que les services douaniers et fiscaux estiment difficile à assumer.

A la direction de douanes, comme à celle des impôts, les agents de collecte se montrent perplexes et réalistes. Nombreux sont ceux à trouver la tâche énorme. Pour essayer de faire respecter les précédents chiffres, ils avaient déjà dû recourir à des fermetures d’entreprises et des blocages de comptes en banque. Ils estiment ne pas pouvoir faire d’avantage. Une pression fiscale que le contribuable camerounais regarde d’un oeil inquiet, convaincu encore un peu plus d’être une vache à lait de l’Etat.