Et si l’anophèle ne transmettait plus le paludisme ?

La génétique pourrait-elle devenir une option pour lutter contre le paludisme qui tue des milliers d’enfants chaque année en Afrique ? Des scientifiques américains ont donné vie à un moustique transgénique qui ne transmet pas le paludisme à la souris. Le principe pourrait être appliqué à l’homme.

Un moustique génétiquement modifié pour lutter contre le paludisme. C’est l’idée sur laquelle travaillent des scientifiques depuis quelques années et plus particulièrement des Américains qui ont publié, le fruit de leurs travaux dans Les Annales de l’Académie nationale des Sciences (Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America) paru ce mardi. Ils ont réussi à concevoir en laboratoire ce moustique d’un autre genre. L’insecte est porteur d’un gène qui l’empêche de transmettre le paludisme. «Le SM1 (pour Schistosoma mansoni 1) est une protéine artificielle qui empêche le parasite de pénétrer l’organisme de l’anophèle, explique le Dr. Jason Rasgon, entomologiste à l’Université Johns Hopkins de Baltimore, dans l’état du Maryland, et co-auteur de l’article. L’anophèle pourrait donc ne plus être vecteur du paludisme chez l’homme.

Une solution envisageable dans une vingtaine d’années

Cette solution peut-elle être la bonne quand il est établi que les organismes génétiquement modifiés, le maïs entre autres pour ne citer que lui, peuvent être dangereux pour l’homme. « C’est un problème complexe à résoudre, admet le Docteur Rasgon. Quand bien même nous aboutirions à des résultats concluants, le moustique génétiquement modifié ne sera qu’une des solutions pour lutter contre le paludisme, à coté des vaccins et des médicaments. Nous n’en sommes qu’au début de nos recherches puisque la résistance des moustiques n’a été mise en lumière que depuis quelques années. Notre expérimentation ne porte d’ailleurs pas sur le paludisme humain. » Les expériences menées par l’équipe américaine l’ont été sur des souris. ». Ces dernières sont infectées par le Plasmodium berghei alors que le plasmodium falciparum est le responsable du paludisme chez l’homme. Il faudra encore « attendre 10 à 20 ans», poursuit le chercheur, pour que nos recherches puissent s’appliquer à l’homme.

Pour l’heure, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a aucun avis sur la question, même si des travaux de son centre de recherche sur les maladies tropicales ont été effectués sur le sujet. « Nous n’avons procédé à aucune évaluation qui nous permettrait de nous prononcer, a indiqué le porte-parole du Global Malaria Programme (Programme global contre le paludisme) de l’OMS qui a rappelé les piliers de la stratégie de lutte mise en œuvre par son organisation. A savoir la prévention et le diagnostic précoce, le traitement, le contrôle et l’évaluation. Le paludisme tue chaque année plus d’un million de personnes dans le monde dont la majorité sont des enfants africains.

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