Esther Boua, l’ex-banquière qui veut faire investir la diaspora ivoirienne


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Esther Boua
Esther Boua

Du 23 au 30 octobre 2026, Abidjan accueillera le Grand Retour de la Diaspora, un événement réunissant entrepreneurs, cadres et investisseurs ivoiriens installés à l’étranger. À l’origine de cette initiative, Esther Boua, une ancienne banquière établie en France, qui entend transformer une partie de l’argent envoyé au pays en investissements productifs.

Un parcours d’entrepreneure

Esther Boua a grandi dans une famille modeste, entre Bouaké, Touba, Bingerville et Abidjan. Très jeune, elle découvre le commerce en revendant des friandises et en proposant des fournitures scolaires de porte en porte. Arrivée en France en 2014, elle obtient un master 2 en monnaie, banque, finance et assurance à l’université Paris 8. Elle travaille ensuite pendant environ huit ans dans le secteur bancaire, sans abandonner ses ambitions entrepreneuriales.

En avril 2018, elle crée CalinBisou, une boutique en ligne de vêtements pour enfants destinée au marché ivoirien et gérée à distance. Elle développe également d’autres activités commerciales et s’engage dans l’association Best Life, consacrée à la promotion de l’entrepreneuriat auprès des jeunes.

Une reconversion dans la formation immobilière

Esther Boua finit par se consacrer à l’immobilier et à la formation. En 2023, elle publie L’immobilier sans les banques, un ouvrage consacré notamment à la sous-location professionnelle et aux stratégies d’investissement nécessitant un apport limité.

Le déclic de sa reconversion ? Une prestation de formation qui lui aurait rapporté autant que sa prime bancaire annuelle, a-t-elle confié au média Askip Radio TV. Elle résume volontiers son tempérament par une formule : « Je suis une lionne ».

À travers son académie et ses programmes d’accompagnement, elle affirme avoir formé à ce jour plus de 500 porteurs de projets.

Transformer les transferts de fonds en investissements

Avec le Grand Retour de la Diaspora (GRD), Esther Boua entend désormais appliquer son expérience à une ambition collective, celle de faciliter l’investissement des Ivoiriens de l’étranger dans leur pays d’origine. Le constat est connu, de nombreux expatriés souhaitent acquérir un logement, créer une entreprise ou préparer leur retour, mais peinent à trouver des interlocuteurs fiables et redoutent les risques de la gestion à distance.

Le GRD à Abidjan prévoit de réunir environ 150 participants pour le séjour d’immersion.

L’enjeu économique est considérable, car selon le gouvernement ivoirien, les transferts financiers de la diaspora ont atteint 938 milliards de FCFA en 2025, contre 99,5 milliards en 2008. Mais, selon les estimations avancées par les organisateurs, près de 70 % de ces sommes servent au soutien des familles, tandis que 10 à 15 % seulement financent des activités directement productives.

C’est pourquoi Esther Boua veut réorienter une partie de ces flux vers la création d’entreprises et d’emplois, un objectif que le gouvernement affiche lui aussi.

Un événement soutenu par les autorités ivoiriennes

L’initiative bénéficie du parrainage d’Adama Dosso, ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur. Lors du lancement officiel à Abidjan, le 12 septembre, un partenariat avec la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a également été présenté.

Le samedi 24 octobre, une Journée économique se tiendra au Palais des congrès du Sofitel Hôtel Ivoire, avec des conférences, des rencontres professionnelles et des ateliers pratiques. Un dîner de gala suivra dans la soirée. Les autres journées seront consacrées à la découverte d’opportunités immobilières et aux échanges entre participants.

Le programme comprend également une dimension culturelle et mémorielle, avec une étape à Tiassalé, sur la Route des esclaves, puis à Yamoussoukro.

Un retour qui a aussi un prix

Cette démarche possède également une dimension commerciale. Selon le site officiel de l’événement, l’accès à la Journée économique coûte 50 000 FCFA, le dîner de gala 150 000 FCFA et le séjour complet 2 300 euros, hors billet d’avion. Des tarifs qui réservent principalement l’expérience à une diaspora disposant déjà d’une certaine capacité financière.

Esther Boua a déjà organisé trois éditions du Dîner Gala de l’Excellence à Paris, entre 2023 et 2025. L’édition 2026 marque une nouvelle étape, avec un séjour d’immersion économique directement en Côte d’Ivoire.

Criss Bailly
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Criss Bailly est un journaliste collaborant avec afrik.com, où il couvre une large palette de sujets allant de la politique à la culture, en passant par la santé et la société. Ses articles abordent des thématiques variées, telles que la responsabilité sociétale des entreprises en Afrique, la situation épidémiologique du Covid-19 au Gabon, ou encore des enquêtes sur des scandales internationaux impliquant des figures publiques. Il met également en lumière des figures marquantes du continent, comme l’écrivain Serge Bilé ou la chanteuse Dobet Gnahoré, à travers des interviews et des analyses approfondies. Son travail reflète un engagement à décrypter les dynamiques africaines contemporaines, tout en donnant une voix aux acteurs influents du continent.
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