Eric Zemmour poursuit L’Express pour « rumeurs malveillantes »

Eric Zemmour, chroniqueur chez RTL, a décidé de poursuivre en justice L’Express pour « rumeurs malveillantes ». Suite aux propos polémiques tenus la semaine dernière par Zemmour à l’encontre de Christiane Taubira, le quotidien avait affirmé que le polémiste ne serait plus à l’antenne dès la rentrée prochaine.

Hier Salviac, aujourd’hui Zemmour ? Le chroniqueur de RTL n’en a visiblement pas terminé avec la justice. Il attaque L’Express pour diffusion de « rumeurs malveillantes ». L’avocat de Eric Zemmour, Olivier Pardo, dénonce la participation de L’Express à une campagne qui vise à « faire pression sur RTL en faveur du licenciement » de son client. De son côté, RTL a démenti avoir annoncé le maintien ou non d’Eric Zemmour à l’antenne à la rentrée prochaine. Cependant, comme chaque année, des changements auront bel et bien lieu au sein de la radio à la rentrée prochaine dont une refonte de la tranche matinale.

Politiquement « incorrect »

Eric Zemmour a consacré la semaine dernière une chronique à Christiane Taubira, la ministre de la Justice. « En quelques jours, Taubira a choisi ses victimes, ses bourreaux. Les femmes, les jeunes de banlieues sont dans le bon camp à protéger, les hommes blancs dans le mauvais », avait-il alors lancé sur les ondes de RTL. Des déclarations qui ont choqué le Mrap et SOS Racisme. Les deux associations dénoncent des propos « racistes et machistes ». Le polémiste a tenu à faire une mise au point lundi 28 mai avant de démarrer sa chronique. « Quand j’attaque Taubira, c’est ni la femme que j’attaque, ni encore moins évidemment la femme noire que j’attaque, a-t-il assuré. Je fais une analyse politique idéologique et les personnes ne sont pas en cause ». Zemmour a trouvé un drôle de soutien : celui de Marine Le Pen. Pour la patronne du Front national, si le chroniqueur se fait virer, ce serait « une grave atteinte au pluralisme des opinions dans les médias ».

Alors qu’il est en pleine polémique sur les propos qu’il a tenus à l’encontre de la Garde des Sceaux, Eric Zemmour comparait ce mardi devant la 17e Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris pour diffamation (affaire du Cran).

Un habitué de la polémique

Dans l’émission « Salut les Terriens », présenté par Thierry Ardisson, Eric Zemmour déclarait le 6 mars 2010 : « les Français issus de l’immigration étaient plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes, c’est un fait ». La LICRA l’avait alors poursuivi devant la justice. Le même jour, il affirmait sur France Ô que les employeurs avaient « le droit de refuser des Arabes ou des Noirs ». Le club Averroes et le Mrap avaient saisi le CSA.

Le 18 février 2011, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a condamné Eric Zemmour pour les propos tenus sur France Ô à 2 000 euros d’amende avec sursis pour provocation à la discrimination raciale. Le tribunal a conclu que le polémiste a « justifié une pratique discriminatoire illégale (celle de l’embauche, ndlr) en la présentant comme licite ». De plus, il a été condamné à verser 1 000 euros de dommages et intérêts et 2 000 euros de frais de justice à chacune des trois associations, soit un total de 9 000 euros mais aussi à verser 1 euro à chacune des parties civiles et 750 euros de frais de justice, soit 1 502 euros. Toutefois, il a été relaxé pour ses propos tenus chez Ardisson.

Depuis 2011, Eric Zemmour plaide pour une suppression du droit d’action pénale des associations antiracistes et de leurs subventions. Cette année-là, il était reçu à l’Assemblée nationale par une vingtaine d’élus de la Droite populaire, parmi lesquels Lionnel Luca, Richard Mallié et Marie-Louise Fort lui avaient exprimé leur « soutien » et leur « sympathie ». A cette occasion, il s’était exprimé en faveur de l’abrogation des lois sur la discrimination raciale et des lois mémorielles.