Epidémie de grippe aviaire au Togo : 17 000 volailles tuées

Quelque 17 000 volailles sont mortes ou ont été abattues depuis qu’une épidémie de grippe aviaire H5N1 s’est déclarée, le 9 septembre, dans trois fermes avicoles d’Agbata, 10 kilomètres à l’est de Lomé, la capitale, selon Komla Batawui, directeur national de l’élevage.

Pour Jacques Conforti, conseiller de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture auprès des autorités publiques, le risque a été contenu. « Nous nous sommes concentrés sur les volailles élevées en plein air, et nous n’avons pas abattu les volailles élevées dans des poulaillers, dans les régions voisines d’Agbata. Cela (l’abattage des volailles) devrait réduire à zéro le risque de transmission du virus », a-t-il dit.

Selon M. Conforti, la désinfection s’est déroulée rapidement au cours des trois dernières semaines. « Nous ne voulons pas perdre de temps. Nous essayons de désinfecter une zone en moins de 24 heures avant de passer à la zone à risque suivante ».

Les représentants des autorités rencontrent les aviculteurs, qui leur montrent les volailles atteintes, a-t-il expliqué, les abattent, et versent aux aviculteurs des indemnités d’un montant égal à la valeur de la bête, des œufs ou des aliments pour volailles détruits.

Jusqu’ici, les autorités ont versé près de 9 000 dollars aux aviculteurs pour les dédommager des pertes subies depuis le début de la dernière épidémie.

Kossi Messan Ewovor, ministre togolais de l’Agriculture, a expliqué à IRIN que ces fonds permettaient d’inciter les aviculteurs à se manifester s’ils pensaient que leurs volailles avaient peut-être contracté le H5N1, un virus mortel. « Cela permet d’assurer aux aviculteurs qu’ils n’ont rien à perdre, et tout à gagner en abattant leurs bêtes malades, parce qu’ils contribuent ainsi à protéger leurs régions et l’ensemble du pays ».

4 dollars par bête comme indemnité

Alphonse Tognizoun, aviculteur à Agbata, a indiqué à IRIN qu’il avait perdu plus de 1 000 volailles ainsi que des aliments pour volailles. « J’ai reçu quatre dollars par bête et la moitié de la valeur des aliments pour volailles détruits, soit environ 33 centimes de dollar le kilo. Je n’ai pas perdu d’œufs, mais ceux qui en ont perdus ont reçu six centimes de dollar l’œuf ».

Lorsque la première épidémie de grippe aviaire du pays s’était déclarée en août 2007, la Banque mondiale avait recommandé le versement d’indemnités aux aviculteurs pour les encourager à se manifester rapidement et à transmettre des informations exactes aux autorités.

Mais l’organisme avait également prévenu les autorités qu’il serait difficile de créer un programme de paiement juste et transparent, pour prévenir les fausses déclarations de propriété.

Olga Jonas, conseillère de la Banque mondiale qui coordonne les financements accordés par les bailleurs dans la lutte contre la grippe aviaire, avait averti que les programmes d’indemnisation pourraient s’avérer difficiles à mener, car il peut être difficile de prouver le droit de propriété des petits producteurs des régions reculées, qui vivent dans la brousse, loin de leurs poulaillers.

Mais pour M. Batawui, directeur national de l’élevage, il est impossible de frauder. « Si ce n’est pas nous qui abattons et incinérons les bêtes nous-mêmes, les aviculteurs doivent nous amener leurs volailles mortes. Nous les inscrivons sur nos registres et nous leur donnons un reçu avec leurs indemnités. De cette façon, il n’y a pas de triche possible ».

À la suite de la dernière épidémie de grippe aviaire, les autorités togolaises ont sollicité l’aide des bailleurs internationaux ; les 500 000 dollars requis viennent d’être versés par l’Union européenne, l’Union africaine, la Banque africaine de développement, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Banque mondiale.

La moitié de cette somme sera consacrée à financer diverses interventions menées à l’échelle des fermes, notamment des opérations de désinfection, d’abattage et d’incinération des volailles, et l’autre moitié doit être consacrée à former et équiper les autorités, pour leur permettre de réagir et de contenir la propagation du virus.

Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé, le virus H5N1 a entraîné la mort ou l’abattage de 150 millions de volailles, et tué environ 200 personnes dans le monde, depuis 2003.

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