Epidémie de choléra au Zimbabwe: la communauté internationale se mobilise

Après avoir sollicité à l’aide internationale la semaine dernière, le gouvernement zimbabwéen a finalement décrété l’état d’urgence sanitaire ce jeudi face à la grave épidémie de choléra qui frappe le pays. Plusieurs Etats ont promis leur aide, mais ont aussi accentué leur pression pour une résolution de la crise politique dans ce pays. Certains demandent même la démission du président Mugabe.

Le régime de Robert Mugabe a mis du temps pour décréter l’état d’urgence face aux ravages du choléra. Près de 600 personnes en sont déjà mortes, 12 700 autres sont contaminées et la maladie se propage effroyablement. Selon l’Ong Oxfam, 300 000 personnes affaiblies par les pénuries de denrées alimentaires, étaient à la merci de l’épidémie.
Jeudi, Harare qui, longtemps prétendait avoir la situation sous contrôle, a décrété l’état d’urgence sanitaire nationale. Après un premier appel à l’aide internationale la semaine dernière, les autorités du pays confirment leur incapacité face à la crise et avouent le dysfonctionnement des hôpitaux publics. Le ministère de la Santé aurait besoin de 4 millions de dollars pour l’achat des produits chimiques nécessaires au traitement de l’eau, ainsi que des médicaments et des vivres.

11,5 millions d’euros de la Grande-Bretagne

Cet appel a été entendu, non sans suscité de petites piques à l’encontre du dictateur. Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, déclarait jeudi : « pour une fois, nous sommes d’accord avec le gouvernement du Zimbabwe. C’est une urgence nationale, l’Etat défaillant de Mugabe n’est plus capable, ou n’a plus la volonté de protéger son peuple, des milliers de personnes sont frappées par le choléra, et il faut les aider d’urgence ». La Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale du Zimbabwe a ainsi annoncé le déblocage de 10 millions de Livres Sterling soit un peu plus de 11,5 millions d’euros. La France promet, pour sa part, « une première aide » de 200 000 euros. L’Union européenne préparerait une réponse commune, les Etats-Unis aussi. L’Afrique du Sud, qui risque d’être touchée par la maladie si les conditions de vie des réfugiés frontière ne s’améliorent pas, a affirmé qu’elle enverrait la semaine prochaine, à Harare, des experts pour évaluer les besoins.

« Il est temps d’écarter Mugabe du pouvoir »

Parallèlement, la pression internationale sur le régime de Mugabe s’est accentuée. Pour le Premier ministre kényan Raila Odinga, le départ de Mugabe est nécessaire pour une sortie de crise. Il affirme qu’« il est temps pour les gouvernements africains d’entreprendre des actions décisives pour l’écarter du pouvoir ». Alors qu’elle était en déplacement à Copenhague, Condoleezza Rice, la secrétaire d’Etat américaine, a, elle aussi, appelé à la démission de Robert Mugabe. « Robert Mugabe, a-t-elle déclaré, doit partir. Je pense que c’est désormais une évidence ».

Des sanctions sont également prévues contre les dirigeants zimbabwéens : l’Union européenne devrait, par exemple, annoncer de nouvelles mesures, notamment l’ajout de nouveaux noms à la liste des personnes interdites d’entrée dans l’UE.

Pendant ce temps, Robert Mugabe, lui, parle toujours politique. Ce vendredi à Harare, il a indiqué à la presse locale qu’il organiserait de nouvelles élections dans un délai de deux ans si l’accord de partage du pouvoir avec l’opposition échoue. La population, quant à elle, en plus du choléra, doit faire avec une inflation dépassant 200 millions pour cent.

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