Envolée du trafic d’oiseaux chanteurs entre le Maroc et l’Algérie

Les contrebandiers marocains ont trouvé un nouveau filon à exploiter. Ils font passer la frontière à des milliers de chardonnerets, des oiseaux dont le chant est particulièrement apprécié par leurs voisins algériens.

A l’Ouest et à l’Est, les milliers de kilomètres de frontière qui s’étendent entre l’Algérie et le Maroc laissent la part belle au commerce illicite. Depuis le début de l’année, les autorités douanières assistent à une nouvelle forme de contrebande : celle d’un animal de compagnie très apprécié des Algérois, le chardonneret. Et pour cause. Les contrebandiers marocains connaissent la passion de leurs voisins algériens pour le chant des canaris et serins de toutes plumes, et ils se sont empressés de saisir l’opportunité !

Depuis janvier, des milliers de chardonnerets ont été acheminés en Algérie… à dos d’âne. Selon le quotidien algérien El Moudjahid, 64 de ces bêtes de somme utilisées pour les trafics en tout genre ont d’ailleurs été récupérées par les douaniers au mois de juin dernier ! Toujours au cours de ce même mois, les gardes-frontières de la gendarmerie nationale ont saisi plus de 600 oiseaux destinés à être vendus à Alger.

Un marché fructueux

Les chardonnerets, petits volatiles dont le plumage se décline dans une grande variété de couleurs, sont de plus en plus appréciés des Algériens. La demande s’accroit et la vente illicite s’avère très fructueuse pour les contrebandiers. D’après les aveux d’un trafiquant arrêté au début de l’été, un oiseau acheté au Maroc pour l’équivalent de 250 dinars algériens est revendu entre 600 et 1 000 dinars en Algérie.
Un contrebandier arrêté fin juillet avec plus de 450 oiseaux aurait ainsi pu gagner 157 500 dinars grâce à la vente au noir.

Les Français et les Belges aussi ont été conquis par cet oiseau. Ils apprécient autant son chant et sa capacité à se reproduire avec des canaris, que la beauté de son plumage. Le prix d’un chardonneret blanc, très rare, peut atteindre 10 000 euros. Une opportunité de taille pour les contrebandiers, qui en profitent pour étendre leur champ d’action au territoire européen.