Entrevue Vanessa Mendoza, afrocolombienne et ex Miss Colombie

Vanessa Mendoza, afrocolombienne et ex Miss Colombie

La seule Miss noire que la Colombie ait jamais eue est devenue un symbole de lutte. Depuis qu’elle a laissé sa couronne, elle a créé une fondation qui porte son nom, par le biais de laquelle elle a réussi à faire que plus de 1500 filles et garçons de plusieurs des régions les plus délaissées du pays aient un accès aux services d’éducation, aux soins de santé et à l’alimentation. À présent, sur proposition de milliers de personnes elle a décidé d’aller au Congrès pour redoubler d’efforts. “Mon rêve est le rêve de nombreuses personnes, et nous ne pouvons pas continuer de rester les bras croisés”, explique l’ex-reine de beauté née dans le Chocó.

Qu’est ce qui peut amener une reine de beauté à diriger une fondation plutôt que de devenir une actrice ou une présentatrice télé?

Vanessa Mendoza : Je reconnais que je peux faire ce que je fais grâce à la reconnaissance des gens, après la rupture avec le mythe et après être devenue la première miss noire en Colombie, je ne pouvais toutefois être étrangère à la réalité de mon pays, à cause de mes origines et mes convictions. Je viens d’une terre pauvre (née à Unguia, une ville de moins d’un millier d’habitants dans le département du Chocó), et j’ai donc décidé que je pouvais faire partie de la solution.

En quoi consiste votre travail?

Vanessa Mendoza : Depuis plus de 5 ans, j’ai une fondation du nom de Vanessa Mendoza, les rêves qui se réalisent (Vanessa Mendoza, sueños que se hacen realidad). Il s’agit d’une organisation à travers laquelle nous avons réussi à faire que les enfants qui naissent avec des problèmes congénitaux ou qui ont besoin de soins de spécialistes reçoivent des soins médicaux des meilleurs professionnels du pays. Beaucoup de ces enfants sont de Choco. C’est donc la Fondation qui se charge du transport, du logement et de la nourriture pendant le traitement et ensuite nous rentrons avec leurs familles. Nous disposons également de 32 jardins d’enfants et foyers pour les mères mineures et cheffe de famille. À Bogotá, en 2009, et avec la collaboration de la mairie de la capitale du pays, nous allons ouvrir un total de 6 jardins où les mères qui travaillent pourront laisser leurs enfants. Dans ce cadre, nous offrirons des services d’alimentation, de santé et d’éducation.

Avez-vous reçu le soutien d’autres Colombiens célèbres?

Vanessa Mendoza : Toujours. Heureusement, de nombreux artistes en Colombie ont compris que notre pays a besoin de nous. Il y a peu de temps, nous avons reçu le soutien de personnalités comme Claudia Helena Vasquez, l’épouse de Carlos Vives, Manu, le musicien, ancien membre de Los Tri-o, et plusieurs acteurs et actrices du pays lors d’un défilé au profit de la fondation. Et prochainement, il y en aura un autre tôt pour lequel nous avons déjà la confirmation de la célèbre chanteuse Sondra.

Le racisme existe-il toujours en Colombie?

Vanessa Mendoza : Le racisme est devenu un comportement normal pour beaucoup de personnes dans le monde. Heureusement, les choses sont en train de changer, il y a par exemple le président Obama pour le prouver. Maintenant pour ce qui est de la Colombie, je suis convaincue que mon arrivée au congrès deviendra un nouveau paradigme, dans la façon d’envoyer un message clair d’inclusion plutôt que d’exclusion dans le pays.

Pourquoi voulez-vous aller au Congrès?

Vanessa Mendoza : Je pense qu’il est nécessaire que le pays comprenne qu’il ya encore beaucoup à faire et que dans ce travail, les afrocolombiens, les indigènes, en définitive, cette partie de la population que beaucoup appellent les minorités ont besoin d’une plus grande attention. C’est inconcevable, inouïe, que les afrodescendants en Colombie doivent survivre avec 500 $ par année. Qui peut avoir une vie décente avec un million de pesos par an de revenu?

Quel sera le slogan de votre campagne?

Vanessa Mendoza : Nous sommes actuellement en train de le définir, mais ce qui est sûr, c’est que ma campagne n’est pas simplement une campagne politique, mais une campagne par laquelle je demande aux Colombiens de continuer à croire et surtout, de continuer à faire tomber les barrières et les stigmates.