Enfin une victoire burkinabé sur le Faso 2007

Sylvain Ilboudo a sonne la révolte en signant la première victoire d’étape burkinabé sur un Tour du Faso depuis deux ans. Plus habitué aux rôles de porteur d’eau, il remporte un classique du Faso : un circuit de 12 tours dans Bobo-Dioulasso.

L’étape en circuit courue au cœur de Bobo-Dioulasso signe la fin d’une longue déroute pour le clan burkinabè, qui n’avait plus été parcouru par le frisson de la victoire depuis deux ans. Démoralisés en 2006 après un Tour durant lequel ils avaient été inexistants, les Etalons ont abordé l’épreuve en manque de confiance. Le coup d’éclat de Sylvain Ilboudo sur le grand manège de Bobo peut maintenant être ressenti comme un déclencheur pour les rouleurs du pays. C’est à cinq kilomètres de l’arrivée que le porteur d’eau habituel des cadres de l’équipe a pris en mains son destin de sauveur de la nation. Son audace est récompensée.

Les Marocains surveillent Verbraeken

Les 12 tours à effectuer ont mauvaise réputation dans le peloton, qui s’apprête à passer une matinée harassante. Mais l’étape fait également partie des classiques du Tour du Faso. Elle inspire donc de nombreux attaquants, prêts à tenter leur chance de loin malgré la difficulté du challenge. Sept coureurs se précipitent ainsi à l’avant en début de course, sans succès. Puis Teguimaha (Cam) attaque en solitaire, avant d’être repris. Après deux tours de circuit et quelques initiatives réprimées, Mahamadi « la gâchette » Sawadogo lance un mouvement dont l’espérance de vie devient très faible lorsque les Marocains s’aperçoivent que Verbraeken, posté en 3ème position au général, fait partie des sept coureurs de tête.

A l’approche de la première bataille pour les points chauds (km 50,5), les prétendants au maillot rose se ruent à l’avant. Viet soigne son avantage sur la ligne, et provoque la constitution, en plusieurs temps, d’un groupe efficace de 15 coureurs. Inépuisable, Jelloul est encore dans les rangs, avec Sanfo, M.Sawadogo, Kaboré, Kagambega, Ilboudo (Bur), Karraz (Mar), Tega (Cam), Fofana (Civ), Syne (Bel), Brandt (Fra – ALS), Edet, Lemoine (Fra – CEN), Poelstra (Hol) et Viet (Fra – ESS). Après 80 kilomètres de course, la coopération est si bonne que les attaquants ont creusé un écart de 3’10’’ avec le peloton.

La belle victoire d’un sans grade

C’est naturellement dans le dernier tour, alors que les Marocains ont pris leurs dispositions pour ramener le peloton à une distance raisonnable, que les candidats à la victoire y vont de leur petite accélération. A la cloche, Jelloul montre l’exemple mais ne fait pas la différence. Lemoine et Poelstra avancent leurs pions à 8 km de la ligne. Pas mieux.

A 5 kilomètres, Sylvain Ilboudo, le sans grade, prend une cinquantaine de mètres d’avance. Probablement un « pétard mouillé », un mauvais coup de bluff ! A un kilomètre, il a pourtant 15 secondes d’avance sur ses anciens compagnons d’échappée. La longue ligne droite en montée lui semble interminable. Sur le boulevard de la Révolution, il se passe quelque chose de grand. Avec Ilboudo, les Burkinabè peuvent maintenant relever la tête.

Crédit texte et photo : Amaury sport organisation