En quête d’Europe

Chacun a ses raisons de quitter l’Afrique. Trouver du travail, gagner de l’argent, s’arracher à la misère ou simplement retrouver la femme aimée. Mais tous les protagonistes de Frontières se retrouvent embarqués dans le même galère pour rejoindre l’Europe.

Ils sont sept, viennent de plusieurs pays d’Afrique et ont un objectif commun : quitter le continent et atteindre l’Europe. Une Europe présente à tous les instants et dont l’accès sous-tend l’action du film. Les personnages, partis du Sénégal, traverseront la Mauritanie, l’Algérie, puis le Maroc, pour enfin se retrouver à Tanger, séparés par 14 petits kilomètres de cette Espagne dont ils ont tant rêvé.

Leur périple à travers l’Afrique retrace tous les obstacles susceptibles de barrer la route des candidats à l’exil. Passeurs malhonnêtes, non fiables, prix doublés au dernier moment, contrôle de police, abus sexuels… C’est d’ailleurs par cette volonté de dresser un tableau exhaustif du parcours d’un Africain voulant passer clandestinement en Europe que le film pêche. Ce trop-plein de difficultés alignées les unes à la suite des autres empêche les personnages de s’installer et l’histoire de trouver son propre rythme.

Une réalité tragique

L’acteur Mostefa Djadjam, dont c’est le premier film en tant que réalisateur, a néanmoins le mérite de s’attaquer à un sujet brûlant et très peu traité. La situation des Africains essayant de rejoindre l’Europe est, en effet, terrible. Passant plusieurs semaines à bord de camions bondés et surchauffés, ils s’embarquent ensuite sur des rafiots de fortune pour traverser le détroit de Gibraltar. Il n’est pas rare que les occupants de camions tombés en panne dans le désert meurent de soif, ou bien, s’ils sont arrivés jusqu’à l’océan, qu’ils meurent noyés, abandonnés par leurs passeurs.

Frontières affronte donc une réalité tragique et, sans éviter l’écueil d’une démonstration manichéenne, nous ouvre les yeux sur les souffrances de ces Africains qui tentent l’aventure.