En Guinée, un mot de trop fait basculer France 24 dans l’interdit


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France 24 n’est plus autorisée à diffuser en Guinée depuis ce jeudi 17 septembre. La Haute autorité de la communication (HAC) a également révoqué son autorisation de diffusion et retiré les accréditations de ses correspondants, après un différend portant sur un qualificatif utilisé à l’antenne pour désigner le Président Mamadi Doumbouya.

Un qualificatif employé dans une édition d’information aura suffi à provoquer une nouvelle sanction contre un média international en Guinée. La Haute autorité de la communication a annoncé l’interdiction « avec effet immédiat » de France 24 sur l’ensemble du territoire guinéen. La mesure intervient après une mise en demeure adressée la veille à la chaîne.

De la mise en demeure à l’interdiction

Au cœur du différend figure l’expression « Président putschiste », utilisée par France 24 pour désigner Mamadi Doumbouya. La HAC avait demandé à la chaîne de retirer ces termes de l’ensemble de ses plateformes de diffusion et de prendre les mesures éditoriales nécessaires sur ses différents canaux numériques. Dans son communiqué, le régulateur guinéen affirme avoir constaté un « refus manifeste, délibéré et caractérisé » de la direction de France 24 d’appliquer la mise en demeure.

La HAC a alors décidé de passer à une mesure plus lourde : l’interdiction de diffusion de la chaîne dans le pays. La décision guinéenne concerne tous les vecteurs techniques de diffusion de France 24. L’autorisation accordée à la chaîne a été révoquée et les accréditations de ses correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs ont également été retirées.

France 24 affirme avoir présenté des excuses

Selon l’Agence France-Presse citée dans le document, France 24 affirme avoir présenté des excuses mercredi, soit le jour de la mise en demeure. Cette réaction n’a toutefois pas empêché la HAC de prononcer l’interdiction annoncée le lendemain. La décision visant France 24 intervient au lendemain d’une autre mesure prise par la HAC. L’autorité guinéenne avait annoncé le retrait immédiat de l’accréditation journalistique de Mamadou Diawo Barry, correspondant de Jeune Afrique.

Le régulateur lui reprochait des « manquements professionnels ». Cette sanction et celle visant France 24 interviennent donc à un jour d’intervalle, dans un contexte de mesures prises par la HAC à l’encontre de professionnels et de médias. La Guinée n’est pas le premier pays africain à prendre une mesure contre France 24 ou RFI. Au Togo, les deux médias ont été suspendus pendant trois mois en juin 2025.

France 24 et RFI déjà suspendues ailleurs

La Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication togolaise avait alors évoqué des contenus considérés comme « inexacts », « tendancieux » ou « contraires aux faits établis ». Au Burkina Faso, RFI avait été suspendue en décembre 2022, avant France 24 en mars 2023. Au Mali, les deux médias avaient été suspendus en mars 2022. Au Niger, les autorités avaient également suspendu RFI et France 24 après le coup d’État de juillet 2023.

En Guinée, la décision de la HAC marque donc une nouvelle étape dans les relations entre les autorités de régulation et les médias internationaux. Elle intervient après une procédure engagée par une mise en demeure, suivie d’une demande de retrait d’un qualificatif et, selon la HAC, d’un refus d’appliquer cette demande.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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