En Algérie, la crise du lait fait encore parler d’elle

Les engagements et les mesures pris par le passé par les autorités centrales algériennes n’ont visiblement pas suffi à mettre un terme à la crise du lait. Voilà plusieurs mois maintenant que la situation des producteurs et des transformateurs a plongé le pays dans une crise sans précédent qui ne semble pas prête de prendre fin.

La mafia du lait à l’origine de la crise, selon le ministre du Commerce

Lors de sa récente sortie, le ministre algérien du Commerce a menacé les producteurs de lait qui font preuve d’indélicatesse de les poursuivre par voie judiciaire, s’ils continuent leurs pratiques qui portent atteinte à l’économie du pays. La plupart des mesures prises par le gouvernement central pour juguler la crise se sont jusqu’alors révélées inefficaces. Aucune stratégie concrète n’a encore été définie pour mettre un point final à cette crise qui s’étire maintenant sur plusieurs mois.

Au lieu d’instaurer une certaine accalmie, la déclaration de ce membre du gouvernement n’a contribué qu’à susciter la polémique. Pour l’opinion publique, il s’agit simplement de la confirmation de la lamentable situation dans laquelle se trouve actuellement la filière du lait en Algérie. Pour le ministre du Commerce, l’entière responsabilité de la crise reviendrait à « la mafia du lait » qui se serait incrustée dans le marché de la distribution. Selon lui, cette mafia serait instaurée et entretenue par la politique de la îssaba.

Mettre fin à la crise du lait par la mise en pratique des recommandations

En diabolisant une fois de plus la filière par ses propos, le ministre n’a fait qu’envenimer la situation. C’est du moins ce qui ressort de l’analyse de l’ingénieur agronome Akli Moussouni. Selon lui, le boycott par les commerçants et les transporteurs du lait en sachet n’a rien arrangé à la situation.

Les résultats attendus à l’issue des rencontres entre les organismes spécialisés dans la filière du lait, les distributeurs et les éleveurs n’ont pas été atteints jusque-là. À l’instar de plusieurs spécialistes, Moussouni déclare que le fait que la crise traîne empêche les recommandations faites lors de ces rencontres d’être suivies d’effets.

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