Emeutes du pain au Zimbabwe

Le pouvoir zimbabwéen doit faire face à une série d’émeutes qui enflamment la capitale. Cette violence a démarré, suite à l’annonce d’une augmentation de 30% des produits de première nécessité.

La capitale zimbabwéenne vient de vivre sa quatrième journée d’émeute contre la hausse des prix de première nécessité. En dépit du déploiement de l’armée et de la police dans les banlieues d’Harare, les autorités accusées de brutalité n’ont pas réussi a freiner la révolte de la rue qui s’est étendue à quatre quartiers supplémentaires dans la nuit de mardi, portant à huit le chiffre des banlieues gagnées par l’insurrection.

Le nombre de barricades élevées par les émeutiers dans la principale ville du pays avoisinerait la centaine. Ces derniers tenteraient également d’empêcher les citoyens de gagner leurs lieux de travail.

Les affrontements avec les forces de l’ordre ont été particulièrement durs dans les quartiers de Warren Park, Kuwadzana et Dzivaresekwa où la police aurait fait usage de gaz lacrymogènes jusque dans les maisons et les cours particulières.

Journalistes étrangers molestés

Quatre journalistes, un photographe et un cameraman de l’agence américaine Associated Press et deux collègues de la South African Broadcasting Corporation (SABC) ont accusé les forces de l’ordre de les avoir forcés à s’allonger sur le sol avant de les matraquer. Les soldats auraient par ailleurs confisqué les films et brisé le téléphone portable d’un des journalistes.

Les protestataires ont également essayé de bloquer la route reliant Harare à la deuxième ville du pays, Bulawayo. Mais leurs tentatives se sont heurtées à une forte présence policière selon des témoins cités par l’agence France Presse (AFP).

Les émeutes ont éclaté à l’annonce d’une hausse de 30% les prix des denrées comme le pain et le sucre.

Selon la radio britannique, BBC, le ministre de l’Information, Jonathan Moyo, a accusé le Mouvement pour un changement démocratique (MDC) d’avoir instrumentalisé les jeunes émeutiers. Le leader du parti d’opposition, Morgan Tsvangiraï a démenti ces accusations, parlant de  » réaction spontanée  » de la population zimbabwéenne.

Il a néanmoins appelé lundi a un mouvement de désobéissance civile afin de contraindre à la démission Robert Mugabe, le chef de l’Etat victorieux aux dernières élections législatives.