Élections législatives et municipales au Cameroun : le MRC donne ses chiffres et s’en félicite

Maurice Kamto

Pendant que les autorités camerounaises peinent à afficher le taux de participation des électeurs au scrutin du dimanche, le MRC de Maurice Kamto exhibe ses données et félicite les Camerounais qui, selon lui, ont suivi de près le mot d’ordre de boycott.

Depuis les élections tenues le dimanche 9 février 2020, les statistiques officielles de la participation des électeurs ne sont toujours pas disponibles. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, s’est contenté, au soir du scrutin, d’alléguer que les populations sont massivement sorties, même dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ignorant l’appel au boycott de certains partis de l’opposition dont le MRC. Depuis lors, silence radio sur ce qui constitue pourtant l’enjeu majeur desdites élections.

De son côté, le MRC n’a pas hésité à sortir les chiffres qu’il détient sur le taux de participation des électeurs camerounais à ce scrutin. C’est à l’occasion d’une allocation qu’il a adressée, lundi, à la jeunesse camerounaise, depuis les Etats-Unis, que le professeur Maurice Kamto a donné les chiffres. « Nous sommes désormais tous, les témoins du triomphe indiscutable de notre appel au boycott qui s’est traduit par une abstention sans précédent dans l’histoire électorale camerounaise à l’occasion du simulacre de double scrutin d’hier, 9 février 2020 », s’est félicité le président du MRC.

Maurice Kamto poursuit en livrant les chiffres recueillis par l’état-major du parti : « Les chiffres en notre procession font état d’un taux de participation d’environ 23%, soit 77% de taux d’abstention. Outre les régions du Nord–Ouest et du Sud-Ouest où il n’y a simplement pas eu de vote, dans une ville comme Ebolowa, dans la région du Sud, le taux de participation est d’environ 15%, soit une abstention de 85% ». Human Rights Watch, pour sa part, affirme que « les rapports des médias indiquent que la participation des électeurs était faible dans ces régions [Nord-Ouest et Sud-Ouest, ndlr] à cause de l’insécurité et des craintes suscitées par les menaces et les attaques des séparatistes ».

En effet, les séparatistes avaient appelé au boycott du scrutin, menaçant les contrevenants de représailles. La population serait donc restée chez elle comme l’a confié à Human Rights Watch cet habitant de Kumbo, dans le Nord-Ouest : « Je voulais voter, mais je ne l’ai pas fait. Je ne voulais pas me prendre une balle pour avoir exercé mon droit. Les séparatistes ont attaqué les candidats et les électeurs. L’armée n’a pas été en mesure de protéger la population ».