Elections controversées au Gabon

Si la majorité présidentielle est sûre de garder son avance à l’Assemblée, l’opposition gabonaise, quant à elle, demande l’annulation des législatives pour mauvaise organisation. Zoom sur des élections controversées.

Le président de la Commission nationale des élections, Gilbert Ngoulakia est catégorique.  » Le vote s’est déroulé de manière satisfaisante dans l’ensemble « . Donc, il n’y a aucune raison pour annuler les législatives. Pourtant, l’opposition, pour une fois unie, réclame l’annulation des élections pour mauvaise organisation. De nombreux observateurs ont noté de grandes  » défaillances techniques « .

Dans le fief de l’opposant radical Pierre Mamboundou, président de l’Union du peuple gabonais (UPG), des urnes ont été détruites, déclenchant la colère du président Omar Bongo. Qui menace le leader de l’UPG d’une arrestation si sa responsabilité est avérée. Apparemment peu convaincu par les menaces présidentielles, Pierre Mamboundou justifie la destruction de 25 urnes  » au nom de ma transparence et de la sincérité du scrutin  » et demande l’annulation des élections. Selon lui, les urnes détruites auraient été bourrées avec des bulletins du parti au pouvoir.

Victoire présidentielle

Selon un décompte de la presse publique et de l’Afp, le Parti démocratique gabonais (PDG), parti créé par le président Omar Bongo, arrive largement en tête avec 44 élus. Plusieurs membres du gouvernement, dont le Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane et le ministre de la Défense, Ali Bongo, sont sûrs de conserver leurs fauteuils de députés.

Le principal opposant et maire de Libreville, Paul Mba Abessole, serait en ballottage favorable. Son parti, le Rassemblement national des bûcherons, arriverait en seconde position. Ce qui n’empêche pas le maire de Libreville de demander l’annulation des élections. Menaçant, il tire des conclusions lourdes de sens.  » On doit conclure que le changement au Gabon ne peut plus venir par les urnes et qu’on doit chercher d’autres voies si on veut faire en sorte qu’il y ait un Etat pour tous « .

Le taux de participation a été très faible dans les grandes agglomérations. La Commission nationale électorale refuse de livrer toute tendance nationale ou taux de participation. Dans l’assemblée précédente, le parti au pouvoir, le PDG, comptait 91 députés sur un total de 120. Tous les regards sont braqués sur Omar Bongo qui doit sortir prochainement de sa réserve.