Elections au Mali : premiers résultats partiels

48 heures après la fin du scrutin des élections présidentielles maliennes de dimanche, les premiers résultats provisoires arrivent au compte-gouttes. Ceux qui ont été annoncés officiellement mardi dans la nuit ont déjà été dénoncés par plusieurs partis politiques.

De notre envoyée spéciale à Bamako

Depuis dimanche soir, c’est l’attente à Bamako et dans le reste du pays. L’attente des premiers résultats de la présidentielle de dimanche. Ces derniers auraient dû tomber lundi soir mais la Commission de centralisation, qui dépend du ministère de l’Administration territoriale, n’a pu les communiquer. Dès lundi, les QG des différents candidats égrainent leurs propres estimations, relayées par la presse locale. Mardi dans la journée, la tension commence est palpable. Les militants des différents candidats se demandent pourquoi les résultats ne peuvent être donnés.

Mardi soir à minuit et demi, quatre membres de la Commission – qui comprend les représentants des 24 candidats, de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) ainsi que des observateurs nationaux et internationaux – annoncent enfin des résultats. Ceux-ci ne concernent que 26,42% des circonscriptions, soit 177 communes sur les 703 que compte le Mali (le district de Bamako n’y étant pas inclu) et 18 juridictions diplomatiques et consulaires sur 35.

ATT en tête

Avec ces résultats, le peloton de tête annoncé avant le scrutin se précise. Amadou Toumani Touré (ATT) arrive en première position avec 31,53% des voix dans le pays et 26,65% à l’étranger. Il est suivi par Soumaïla Cissé de l’Adema, 23,12% au Mali, 27,87% à l’étranger et Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) du RPM, 21,65% au niveau national, 24,06% à l’étranger. Quant aux outsiders, ils sont loin derrière. Maître Mountaga Tall remporte 4,84% des

voix au Mali et 1,77% à l’étranger et Choguel Maïga, 3,18% au Mali et 2,55% à l’étranger. T. Drame se place en cinquième position avec 4,70% des voix au Mali et 2,61% à l’étranger.

Avant même la déclaration officielle de ces résultats, le groupe Espoir 2002 – qui rassemble 13 partis politiques, dont ceux d’IBK, de Choguel Maïga et de maître Tall – a fait paraître un communiqué dans lequel il annonce sa  » désolidarisation  » de ces résultats.  » Nous restons dans la Commission mais nous demandons à ce que les résultats soient vérifiés. Nous

nous sommes aperçu qu’il y avait des discordances entre les différentes sources d’information (informatique, téléphone, fax, réseau du ministère) et nous souhaitons que l’information soit renvoyée à sa source afin de ne pas donner de résultats hâtifs.  »

De leur côté, les représentants de la Commission de centralisation ont affirmé qu’ils n’avaient pas constaté d’irrégularité ni de contestation. La loi électorale donne cinq jours au ministère pour proclamer les résultats et l’attente risque de durer encore.