Election présidentielle contestée à Zanzibar

L’opposition zanzibarie réfute les résultats de la présidentielle de dimanche qui crédite le Président sortant, Amani Karume, de 53,2% des voix. Suite à l’annonce des résultats, des heurts ont éclaté dans l’archipel entre manifestants membres de l’opposition et policiers. Cinq morts sont déjà à déplorer.

Avec Panapress

La Commission électorale a déclaré mardi le Président sortant, Amani Karume, vainqueur de l’élection présidentielle organisée dimanche dans l’île semi-autonome de Zanzibar, en Tanzanie, avec 53,2% des suffrages. Le résultat a aussitôt été rejeté par le candidat du Front
civique uni (FCU), Seif Shariff Hamad, crédité de 46,1% des voix, qui a dénoncé des fraudes massives et menacé de lancer un mouvement national de protestation.

Selon les résultats officiels, le candidat du parti Chama Cha Mapinduzi (CCM) a obtenu 239 832 voix contre 207 773 voix pour le porte-drapeau de l’opposition. Seif Hamad perd ainsi sa troisième élection présidentielle, après ses défaites en 1995 et 2000. « Je n’accepte pas les résultats », a déclaré l’opposant. « J’ai toutes les preuves que j’ai gagné les élections, ils ont trafiqué les résultats […] La commission électorale a plongé Zanzibar dans une nouvelle crise politique.» Et une nouvelle crise tout court. En effet, de violents affrontements ont opposé mardi, à Stone Town, des militants de l’opposition aux forces de l’ordre qui ont fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, dont certains ont été tabassés par la police.

Elections sanglantes

Mercredi, les violences se sont poursuivies sur l’archipel et, selon le FCU, trois militants de l’opposition et deux policiers auraient été tués. La police a démenti, mais la famille de l’une des victimes présumées, jointe par l’AFP, a affirmé que l’un de ses membres avait bien été tué par la police dans l’île de Pemba, l’un des bastions du FCU. Depuis dimanche, 33 autres personnes ont été blessées, dont deux par balles. Après les dernières élections de 2000, 35 partisans de l’opposition avaient été tués par la police, début 2001, lors de manifestations contre des fraudes électorales présumées.

Cette fois-ci, depuis dimanche, 35 000 policiers ont été déployés dans l’archipel qui compte environ 1 million d’habitants. Un groupe d’observateurs américains de l’Institut national démocratique (NDI) a fait état d’« irrégularités » dans le scrutin et déploré « certains cas d’usage excessif de la force » par la police, tout en déclarant ne pas être « en position de dire si cela va rendre les élections inacceptables ou non ». Le parti CCM, au pouvoir depuis 1964, a également obtenu la majorité au Parlement en remportant 30 sièges contre 19 pour le FCU. Le scrutin doit être repris dans une circonscription pour élire le 40e député du Parlement.

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