Elaine Kibaro : « Je chante des émotions de femme »

Emprunts d’une naturelle spiritualité, les chansons et les spectacles d’Elaine Kibaro sont autant d’émissaires de la paix. Message intemporel d’une artiste aux émotions en partage. L’Intemporel, c’est également son nouveau spectacle, où elle sera notamment accompagnée d’une chorale gospel sénégalaise, au Casino de Paris les 1er et le 2 avril prochain. Interview.

En ces temps de Pop rock, R’n B, rap ou autres artistes français estampillé « Nouvelle Vague », Elaine Kibaro fait figure de véritable ovni par la simplicité naturelle de son art. Véritables comptines pour adultes métissées de jazz et de world music, ses chansons et leurs messages honorent l’harmonie et la paix. Elle entamera, le 1er et le 2 avril prochain avec son spectacle « L’intemporel », le 4ème Casino de Paris d’une carrière à plusieurs tiroirs. Car celle qui se définit juste comme « Une femme qui chante » a plus d’une corde à son arc. Un arc au service de sa sensibilité de femme.

Afrik.com : On vous connaît à la fois pour votre musique, pour vos spectacles mais pour votre travail d’écrivain, notamment en matière de littérature enfantine. Comment vous définiriez-vous ?

Elaine Kibaro :
Je suis juste une femme qui chante… Vous savez, être femme c’est beaucoup de choses à la fois. C’est à la fois être mère et épouse, notamment. Cela influence forcément ma sensibilité artistique. Je chante des émotions de femme. J’ai mis en chanson toutes les choses qui m’ont aidée pour pouvoir les partager. Le cœur de mon travail reste la paix. Je chante la paix sous toutes ses formes, et entre les hommes et la paix intérieure.

Afrik.com : Seriez-vous un brin féministe ?

Elaine Kibaro :
(Perdue dans ses pensées) Certainement… J’ai une chanson qui s’appellent « Je t’aime si tant » où j’explique que si tous les Présidents connaissaient le bonheur de nourrir son enfant, jamais ils ne feraient ce qu’ils font. Est-ce que ce sont les femmes qui font la guerre ? Au contraire, elles sont plus enclines à préserver la vie.

Afrik.com : Vous avez invité une chorale gospel sénégalaise pour votre première date au Casino de Paris. Pourquoi ?

Elaine Kibaro :
Je les ai rencontrés l’occasion du Concert de la paix l’année dernière. C’est une histoire d’amitié. Aussi ai-je naturellement tenu à les inviter à participer à mon spectacle. Il y aura également des danseurs de Chindaï et les chorales Notre Dame de Sion et Sainte Ursule de Bettignies.

Afrik.com : Vous avez organisé, en octobre dernier, à la Mutualité à Paris, « Le concert de la paix » que vous venez d’évoquer, parrainé par l’ONU. C’était un nouveau témoignage de votre engagement ?

Elaine Kibaro :
(Avec un sourire dans la voix) C’était un grand miracle… Un pari qui a nécessité un an de travail et a regroupé des artistes tels que, Michel Jonasz, Rika Zaraï, Enrico Macias, Francis Lalane, Jeanne Manson, Linda De Souza, Amanda Lear, Bernard Ménez et bien d’autres. Quatre heures de spectacle inoubliables pour un grand moment de partage et de communion. C’était aussi l’occasion de mettre en lumière, tout comme les concerts du 1er et du 2 avril, l’action d’Urgence Humanitaire au Vietnam (l’orphelinat de la sœur Isabelle) que je soutiens depuis longtemps.

Afrik.com : La paix n’est-elle pas qu’une chimère ?

Elaine Kibaro :
Je crois qu’il faut commencer par éduquer les tout petits, dès la maternelle. Leur apprendre et leur expliquer que la vie est un échange, pas la loi du plus fort. Cette notion d’éducation est également valable pour les adultes, même dans la vie de tous les jours. Car nombreux sont ceux qui veulent se faire leur place au soleil sans tenir compte des autres. Il y a des raisons d’espérer, comme en témoigne pour moi, le mouvement de solidarité mondial après le tsunami en Asie du Sud Est. Ceci dit c’est tout de même dommage qu’il faille un cataclysme pour raviver le sentiment de paix et de fraternité.

Afrik.com : C’est votre amour pour les enfants qui vous a également poussé à leur écrire des spectacles et des livres ?

Elaine Kibaro :
C’était aussi un choix personnel. Je me suis mise à écrire des spectacles et des livres pour enfant, quand j’ai eu mon propre enfant. Parce que je ne voulais pas partir en tournée en laissant derrière moi mon mari et en trimbalant mon enfant sur les routes. J’ai alors décidé de réorienter ma carrière et mon inspiration pour garder un équilibre familial.

Afrik.com : Vous avez un irrépressible besoin de partage… En ce sens, la scène est-elle importante pour vous ?

Elaine Kibaro :
La scène, c’est comme si j’apportais un gâteau à partager avec le public. Et quand il aime c’est merveilleux.

Afrik.com : Quel est le plus beau compliment artistique qu’on vous ait fait ?

Elaine Kibaro :
C’était tout récemment en radio, à l’occasion d’une interview sur Radio Bleue, une personne m’a dit que j’étais : « La nouvelle Linda Lemay française »… Ça m’a beaucoup touchée parce que c’est une artiste que j’aime beaucoup et qui a une vraie sensibilité.

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 1er et 2 avril au Casino de Paris

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