Egypte : visite inattendue d’Abdel Fatah al-Sissi à Alger

Le Président égyptien effectue une visite de travail à Alger à la veille du sommet de l’Union africaine, qui doit se tenir à Malabo.

Le Président égyptien, Abdel Fatah al-Sissi, effectue, ce mercredi, une visite à Alger. L’accueil du dirigeant égyptien pourrait être perçu comme une reconnaissance du nouveau pouvoir et un désaveu des Frères musulmans et de l’ex-Président Morsi.

Cette sortie à Alger, bref mais symbolique, est le tout premier déplacement à l’étranger du nouvel homme fort d’Egypte. Pourquoi avoir choisi l’Algérie comme première destination ? Un communiqué de la Présidence souligne que cette visite fait suite à « l’invitation du président de la République, Abdelaziz Bouteflika ».

La Libye au coeur des conversations

En réalité, Al-Sissi avait prévu de se rendre directement à Malabo, la capitale de la Guinée équatoriale, ce jeudi, afin de participer à un sommet de l’Union africaine pour sa première messe diplomatique. Al-Sissi a accepté de faire un crochet par Alger. D’ailleurs, même l’ambassade d’Egypte à Alger a été prise au dépourvu. Une source diplomatique a indiqué à El Watan que le Président Al-Sissi allait venir « sûrement » en Algérie, mais que cette visite n’était pas à l’ordre du jour. L’ambassadeur a été appelé mardi matin au ministère des Affaires étrangères afin de préparer, à la hâte, cette visite soudaine.

Le communiqué se contente d’indiquer qu’Al-Sissi s’entretiendra avec Bouteflika à propos de « la promotion des relations de fraternité et de coopération qui existent entre les deux pays » et sur « les questions liées à la situation dans le monde arabe et en Afrique notamment ». Selon des observateurs à Alger, les discussions politiques devraient se concentrer sur la situation en Libye qui suscite des inquiétudes dans les deux pays.

Le soutien d’Alger à l’ex-maréchal égyptien n’est pas une surprise. En janvier dernier, l’Algérie avait accueilli le ministre égyptien des Affaires étrangères, Azzedine Fahmy. La caution algérienne au nouveau pouvoir égyptien était déjà engagée. De plus, Alger avait plaidé en faveur du retour de l’Egypte au sein de l’UA, après son expulsion au lendemain du coup d’Etat contre Morsi, 3 juillet 2013.