Egypte : un soldat tué, les islamistes s’apprêtent à manifester

La situation en Egypte va de mal en pis. Un soldat égyptien a été tué ce vendredi matin dans le Sinaï. Et alors que les islamistes ont menacé de commettre des violences en représailles à la destitution de Mohamed Morsi, les partisans de l’ancien pouvoir vont manifester « en masse » ce vendredi.

Un soldat égyptien a été tué vendredi matin dans des tirs au lance-roquette à un poste de police et militaire au Sinaï. Deux soldats ont été blessés dans une autre attaque. Ces attaques n’ont pas été revendiquées, mais selon la presse locale, elles proviendraient de militants islamistes. D’autant plus que des islamistes ont menacé publiquement de commettre des attaques pour venger Mohamed Morsi du coup d’Etat militaire dont il a été victime mercredi.

Délivrés d’un « Pharaon » élu démocratiquement, mais qu’ils ne voulaient plus, les Egyptiens comprennent à travers ce premier meurtre depuis la chute de Morsi qu’un risque d’enlisement n’est pas à exclure. Même si certains observateurs écartent, pour l’heure, l’hypothèse d’une guerre civile, des affrontements entre pro et anti-Morsi risquent d’avoir lieu, notamment aujourd’hui à l’occasion d’une manifestation qui devraient rassembler un grand nombre de fidèles des Frères musulmans. Ces derniers veulent exprimer leur colère face à l’ « Etat policier » instauré par l’armée. Surnommé le « vendredi du refus », les principales forces islamistes du pays ainsi que leurs partisans ont l’intention de se réunir « en masse » et de manière « pacifique ».

Les Etats-Unis calment le jeu

Washington a demandé aux autorités militaires égyptiennes de ne pas retenir arbitrairement Mohamed Morsi et ses partisans, dont Mohamed Badie le guide suprême des Frères musulmans en Egypte. Ce dernier était depuis jeudi sous le coup d’un mandat d’arrêt pour avoir, selon l’armée, incité à tuer dimanche des manifestants qui protestaient devant le siège de la confrérie à Mokattam, dans le sud du Caire. L’équipe d’Obama a souligné l’importance d’un « retour rapide et responsable » à un gouvernement civil et démocratiquement élu. Les Etats-Unis restent prudents sur leurs déclarations. Car même si aujourd’hui Morsi a été destitué, rien ne prouve que dans dix ans les Frères musulmans seront de nouveau au pouvoir. Washington n’a donc pas envie de laisser une mauvaise image alors qu’elle a mis du temps à tenter de normaliser ses relations avec le pouvoir islamiste.

Depuis la Tunisie où il est en visite officielle jusqu’à aujourd’hui, François Hollande appelle à « tout faire » pour relancer le processus démocratique. « Nous devons tout faire pour qu’il (le processus) puisse reprendre sur la base du pluralisme et du rassemblement », a déclaré Hollande, lors d’une conférence de presse. « Coup d’état ? Renversement du pouvoir légitime ? Ce qui compte c’est que l’armée qui a pris la responsabilité de déposer le président, doit organiser au plus tôt, dans des conditions irréprochables, des élections dans le pluralisme et la liberté. Voilà ce qui est attendu », a estimé François Hollande.

Le président par intérim fraîchement nommé par l’armée, Adly Mansour, n’a que peu de temps pour rassembler les Egyptiens, éviter un « bain de sang » visiblement très attendu par les médias français et organiser des élections libres, démocratiques et transparentes.