Egypte : un muezzin suspendu pour avoir dit que « la prière c’est mieux que Facebook »

Un muezzin a été suspendu en Egypte pour avoir modifié l’appel à la prière en affirmant que « la prière c’est mieux que Facebook ».

« La prière c’est mieux que le sommeil », est la formule traditionnelle pour appeler les fidèles à prier à 05h00 du matin. Mais le muezzin Mahmoud al-Moghazi, dans son village de la province de Beheira, au nord du Caire, l’aurait remplacé par « la prière c’est mieux que Facebook », ont affirmé des riverains qui se sont plaints au ministère des Biens Religieux. Une déclaration présumée qui lui a valu d’être immédiatement suspendu. Selon un responsable du ministère des Biens religieux, l’incident s’est produit samedi, soulignant que « l’affaire va être déférée au parquet qui va appliquer la loi pour transgression des instructions ».

De son côté Mahmoud al-Moghazi a nié ses accusations. Invité dimanche soir sur le plateau de la chaîne de télévision égyptienne privée Dream 2, il a dénoncé « des mensonges » et même affirmé avoir entamé une grève de la faim en signe de protestation. Il a accusé les Frères musulmans d’être à l’origine de ces accusations et de vouloir « le faire sortir de la mosquée car il entravait leurs activités ».

La confrérie des Frères musulmans, considérée comme une organisation terroriste en Egypte, est mise sous haute surveillance par les autorités. Depuis la chute de l’ancien président égyptien Mohamed Morsi, issu de la confrérie, destitué le 3 juillet 2013 par l’actuel Président Abdel Fattah Sissi, les Frères musulmans sont réprimés. Les autorités leur ont interdit toute manifestation. Après la destitution de Mohamed Morsi, les autorités ont également renforcé le contrôle des mosquées pour contrer l’influence de la confrérie, suspendant des dizaines de milliers d’imams.

Des organisations de défense des droits de l’Homme estiment que le régime d’Abdal Fattah al Sissi est plus répressif que celui de Hosni Moubarak, contraint à la démission en février 2011 suite au soulèvement contre son régime très autoritaire.