Egypte : sous la menace de la répression, les pro-Morsi défient le pouvoir


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Les Pro-morsi se préparent à une nouvelle journée de mobilisation ce vendredi au Caire pour réclamer le retour au pouvoir du chef d’Etat déchu. Les autorités leur ont demandé de quitter leur sit-in, menaçant d’user la force. Un appel qui ne leur a fait aucun effet.

Leur mot d’ordre : « la coalition anti-coup d’Etat ». Les partisans du Président déchu Mohamed Morsi sont prêts à en découdre avec les autorités. A l’appel des responsables Frères musulmans, ils se préparent ce vendredi à une nouvelle journée de mobilisation massive dans les rues du Caire pour réclamer le retour au pouvoir du chef d’Etat renversé le 3 juillet par l’armée. Pourtant le ministère de l’Intérieur leur a sommé de quitter leur sit-in sous peine d’user la force, promettant toutefois de protéger ceux qui obéissaient à cette recommandation.

Un appel sans effet sur les protestataires qui ont au contraire décidé de défier le nouveau pouvoir qui a évincé celui qu’ils considèrent toujours comme le dirigeant de l’Egypte et dont ils ne cessent de rappeler qu’il a été élu démocratiquement par le peuple. Plusieurs cortèges partiront comme prévu du Caire ce vendredi. Déjà jeudi soir, ils ont manifesté dans plusieurs stations de métro, faisant en sorte toutefois de na pas interrompre le trafic, ni d’empêcher les rames de circuler, tout en embouteillant les quais.

Les Etats-Unis justifient le renversement de Morsi

De son côté, le pouvoir de transition ne compte pas voir son autorité bafoué par les manifestants. Les hauts responsable du ministère de l’Intérieur se sont réunis jeudi pour ficeler une stratégie qui les contraindra à se rendre et mettre fin à leur contestation. Une des mesures proposées selon RFI est d’assiéger les places de Rabaa al Adawiya et de l’université du Caire pour empêcher l’arrivée de vivres et de nouveaux contestataires. Une coupure d’eau et d’électricité serait aussi envisagée.

Les Etats-Unis eux semblent s’être totalement rangés du côté des militaires. Par la voix de son secrétaire d’Etat John Kerry, Washington a justifié le renversement de Mohamed Morsi, arguant que l’armée est intervenue pour rétablir la démocratie en Egypte. « Des millions et des millions de gens ont demandé à l’armée d’intervenir. Tous avaient peur d’une descente dans le chaos et la violence. Les militaires rétablissaient la démocratie », a déclaré John Kerry, lors de sa visite jeudi au Pakistan. Evitant de froisser les Frères musulmans, avec lesquels ils ont mis du temps à normaliser leurs relations, les Etats-Unis avaient jusqu’à présent joué la carte de la prudence concernant la destitution du chef d’Etat égyptien, appelant l’armée à le libérer. Avec cette déclaration de John Kerry, leur position est ainsi plus tranchée.

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