Egypte : quand Morsi refuse de porter l’uniforme de prisonnier

Le procès du Président déchu Mohamed Morsi a été ajourné ce lundi matin, une heure seulement après l’annonce de son ouverture.

Coup de théâtre. Alors que devait débuter, ce lundi matin en Egypte, le procès de Mohamed Morsi, premier Président élu démocratiquement avant d’avoir été renversé le 3 juillet par l’armée, et de quatorze autres dirigeants des Frères musulmans, la radio d’Etat et une chaîne publique ont annoncé un report de l’audience. En effet, le juge a décidé d’ajourner le procès en raison, semble-t-il, du comportement agité des accusés. Il pourrait débuter un peu plus tard dans la journée.

Arrivé en hélicoptère ce lundi 4 novembre vers 8 heures locales, Mohamed Morsi avait dans un premier temps fait retarder l’ouverture du procès car il aurait, selon des membres de la sécurité, refusé de porter l’uniforme de prisonnier.

Les prévenus, dont Mohamed Morsi, risquent la réclusion à perpétuité, voire la peine de mort. Deux verdicts envisageables qui risqueraient d’attiser une fois de plus les violences dans tout le pays. D’ailleurs, un appel à manifester avait été lancé ce lundi à l’occasion de la première apparition publique du Président déchu. Ce dernier était retenu dans un endroit tenu secret par l’armée. A cette occasion, près de 20 000 agents des forces de l’ordre ont été déployés dans l’ensemble de la capitale. Ceux-ci sont sur leur garde au lendemain de la mort de deux policiers dans une attaque près d’Ismaïliya, sur le canal de Suez.

Un procès joué d’avance ?

Les partisans de Mohamed Morsi redoutent la tenue d’un procès à charge contre le dirigeant déchu et d’autres cadres de la confrérie dissoute en organisation non-gouvernementale. De leur côté, les autorités rassurent en affirmant que le procès de Morsi se déroulera de manière impartiale. M. Morsi « comparaîtrait devant un juge conformément au Code pénal égyptien », a indiqué ce week-end le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Badr, Abdelatty. « Rien d’extraordinaire, rien d’exceptionnel, il a droit à un procès libre et juste », a-t-il commenté.

La difficulté reste que Mohamed Morsi n’est décidément pas prêt à coopérer avec la justice dont il ne « reconnaît pas l’autorité ». Il revendique à ce jour sa « légitimité » puisée dans les urnes. Les rares personnes ayant vu Mohamed Morsi durant sa détention confirment sa détermination.