Egypte, Moubarak se fâche

Le parti au pouvoir est sorti vainqueur des élections législatives. Petitement. Grâce au ralliement des indépendants. Le président Moubarak sort de sa réserve et promet de mettre de l’ordre au sein du Parti national démocrate ( PND ). Un remaniement total n’est pas exclu.

Le PND s’est comporté en conquistador. Sans faire campagne. Comme si l’étiquette PND suffisait, à elle seule, pour faire le plein de voix. Echec humiliant. Seuls 179 candidats de ce parti ont été élus. Par un jeu de dupes, il devient majoritaire avec le ralliement de 208 élus indépendants ! Pourtant, le mal est fait. Les Egyptiens ne veulent plus des effendi du pouvoir. Plusieurs hauts responsables ont été sanctionnés par la vox populi. Huit présidents de commissions parlementaires et les secrétaires de cinq provinces ( les plus importantes) ont lamentablement été recalés. Et démissionnés.

Pourtant le PND s’est appuyé sur la police pour s’assurer la victoire. Entre les tours, la police a procédé à des arrestations des candidats Frères musulmans et a empêché les votants, dans les quartiers réputés islamistes, de se présenter aux bureaux de vote. Plus d’une dizaine de personnes, pour la plupart des sympathisants islamistes, ont été tuées durant ces élections.

 » Le PND devra apprendre à vivre dans un système politique plus pluraliste. Ce qui est très difficile dans un pays où un héritage despotique pèse sur le système politique « . Observateurs et hommes politiques, de majorité et d’opposition, sont arrivés à cette conclusion. Est-ce le cas du PND ? Rien n’est moins sûr. En perdant ces élections, le Parti national démocrate se trouve majoritaire avec plus de 85% des sièges au parlement.