Egypte : Morsi jugé pour « incitation au meurtre »

L’ex-Président égyptien, Mohamed Morsi, évincé du pouvoir par l’armée le 3 juillet sera jugé avec 14 autres responsables Frères musulmans pour « incitation au meurtre », a annoncé ce dimanche le Parquet.

Mohamed Morsi va aussi devoir faire face à la justice égyptienne. Le Parquet a annoncé, ce dimanche, que l’ex-Président, renversé et arrêté le 3 juillet par l’armée, sera jugé avec 14 autres responsables des Frères musulmans pour « incitation au meurtre ». L’ex-chef d’Etat égyptien est accusé d’être à l’initiative de la mort d’au moins sept manifestants le 5 décembre 2012, tués lors de manifestations contre sa politique.

L’armée n’a jamais révélé le lieu où est détenu Mohamed Morsi depuis son renversement. Ce dernier d’ailleurs était déjà en détention pour une affaire concernant son évasion de prison, lors du soulèvement populaire, en février 2011, qui a renversé son prédécesseur Hosni Moubarak. Dans cette première affaire, il est inculpé pour l’aide que lui aurait apportée le Hamas pour s’évader de la prison où le régime de Moubarak l’avait incarcéré début 2011, quelques temps avant la fin de son régime. Pour le moment, le Parquet n’a pas donné la date de son procès.

Les tensions sont toujours vives en Egypte, depuis l’éviction du pouvoir de Mohamed Morsi. Plus d’un millier de personnes ont péri après la sanglante répression menée par les forces de l’ordre contre les partisans du Président déchu, qui refusaient d’interrompre leur mobilisation malgré les injonctions de l’armée. Plusieurs responsables politiques des Frères musulmans ont été interpellés, dont Essam al-Ariane, numéro 2 du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), bras politique des Frères musulmans, et Mohamed Beltagi, ancien parlementaire. C’est l’un des derniers leaders de la confrérie arrêtés par les autorités jeudi. Au total plus de 2 000 Frères musulmans ont été interpellés, dont les principaux dirigeants. Les partisans de Mohamed Morsi poursuivent leur mobilisation, même si elle a faiblit suite à l’arrestation des principaux leaders du mouvement. Ils n’abdiquent toujours pas.