Egypte : Morsi accusé de monopoliser le pouvoir

Deux cents Egyptiens sont descendus ce vendredi à la place Tahrir pour manifester contre Mohamed Morsi. Ils l’accusent de monopoliser le pouvoir. Depuis son arrivée à la tête du pays le 30 juin 2012, le président d’Egypte ne cesse d’ostraciser l’armée.

L’étau se resserre sur Mohamed Morsi. Deux cents Egyptiens sont descendus ce vendredi à la place Tahrir pour accuser le président d’Egypte de monopoliser le pouvoir depuis son arrivée à la tête du pays le 30 juin 2012. L’objet du délit ? L’abrogation le 12 août de la « déclaration constitutionnelle » mise en place par l’armée. Ce texte de loi restreignait les marges de manœuvres du président Morsi.

Un manifestant, cité par Le Nouvel Observateur.com, haranguait la foule : « Réveillez-vous, peuple égyptien ! ». Et de poursuivre : « Ne vous faites pas avoir par les Frères (musulmans, ndlr) », en scandant : « L’Egypte est pour tous les Egyptiens, pas pour une seule organisation ».

La manifestation anti-Morsi a été émaillée de troubles. Selon l’agence officielle Mena, « Les violences ont éclaté place Tahrir lorsque des témoins ont entendu des coups de feu. Cinq personnes ont été blessées (sur cette place symbolique de la révolution arabe, ndlr). Des échauffourées ont opposé les manifestants à des partisans de Mohamed Morsi. Des bagarres se sont poursuivies dans les ruelles environnantes », rapporte Le Nouvel Observateur.com.

Morsi se débarrasse de l’armée

Dimanche 12 août, l’Egypte a assisté à un nouvel épisode de la lutte entre Mohamed Morsi et l’armée. Le président égyptien, issu des Frères musulmans, a démis de ses fonctions le Maréchal Hussein Tantaoui, ministre de la Défense et dirigeant du Conseil suprême des forces armées (CSFA). Ce maréchal était considéré comme incontournable dans la gestion du pays. Ministre depuis plus de vingt ans, il faisait aussi office de pilier du régime Moubarak et a été chargé de la transition juste après le départ de l’ancien Raïs. Rappelons que Mohamed Morsi avait, par la même occasion, ordonné la suppression d’une disposition de la Constitution ajoutée par le CSFA. Une décision qui redonne au président égyptien les pleins pouvoirs, conformément à la Constitution de 2011.

Par ailleurs, malgré le refus de la Haute Cour constitutionnelle de revenir sur la dissolution de l’Assemblée du peuple, le président Morsi avait tout de même permis à des députés, pour la plupart issus des Frères musulmans, de se réunir mardi 10 juillet. A la demande des militaires du Conseil suprême des forces armées (CSFA), le Parlement égyptien avait été dissous quelques jours avant le second tour de la présidentielle, en application d’une décision de justice le déclarant illégal, une mesure contestée par les islamistes.

Les deux cents Egyptiens, qui ont manifesté ce vendredi sur la place Tahrir, se basent sur cette mise à l’écart de l’armée pour accuser Mohamed Morsi de monopoliser le pouvoir. Ils ont prévu de marcher vers le palais présidentiel et de demander à la police de diligenter une enquête sur le financement du parti des Frères musulmans.

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