Egypte : Mohamed Morsi bute sur l’armée

Mohamed Morsi a décidé, dimanche, d’annuler par décret l’arrêt de la Haute Cour constitutionnelle dissolvant l’Assemblée du peuple. Cette institution soutenue par l’armée refuse de céder à la décision du président égyptien. Un nouveau bras-de-fer s’amorce entre le pouvoir exécutif et l’armée.

Ce dimanche, Mohamed Morsi a annulé par décret l’arrêt de la Haute Cour constitutionnelle dissolvant l’Assemblée du peuple. « Le président Morsi a émis un décret présidentiel annulant l’arrêt pris le 15 juin 2012 pour dissoudre l’Assemblée du peuple et invite la chambre à se réunir de nouveau et à exercer ses prérogatives », a indiqué l’agence officielle Mena.

Ce lundi, la Haute Cour constitutionnelle, soutenue par l’armée, refuse de céder à la décision du président égyptien. Selon l’institution, les jugements de la cour sont « définitifs ». « Ils ne peuvent faire l’objet d’un appel […] et sont contraignants pour toutes les institutions de l’État », a-t-elle ajouté. Avant de préciser qu’elle « n’est partie prenante dans aucune lutte politique » et que sa mission est de « protéger le texte de la Constitution ».

Morsi vs armée ?

A la demande des militaires du Conseil suprême des forces armées (CSFA), le Parlement du pays avait été dissous quelques jours avant le second tour de la présidentielle, en application d’une décision de justice le déclarant illégal, une mesure contestée par les Frères musulmans, le parti de Mohamed Morsi.

L’Assemblée du peuple est majoritairement occupée par les députés des Frères musulmans. Ces derniers devraient se réunir mardi au Parlement. Pour ce faire, il faudra d’abord transgresser le refus de la Haute Cour constitutionnelle de revenir sur l’arrêt dissolvant l’Assemblée du peuple.

En exercice depuis le 30 juin, Mohamed Morsi savait qu’il ne détenait pas les pleins pouvoirs, l’influence de l’armée demeurant prépondérante en Egypte. Ce nouveau bras-de-fer entre le président égyptien et l’armée risque de replonger le pays dans l’instabilité politique, après dix-sept mois de vacance du pouvoir. Les prochaines élections législatives ne sont prévues que dans deux mois.

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