Egypte : Sissi gracie les deux journalistes d’Al-Jazeera

Le Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a gracié, ce mercredi, les deux journalistes de la chaîne qatarie « Al-Jazeera » Mohamed Fahmy et l’Egyptien Baher Mohamed condamnés à trois ans de prison ferme pour avoir « diffusé de fausses informations et « pris parti pour la confrérie des Frères musulmans », considérée comme une organisation terroriste en Egypte.

Contre toute attente, le chef de l’Etat égyptien Abdel Fattah al-Sissi a gracié, ce mercredi 23 septembre 2015, les deux journalistes de la chaîne qatarie Al-Jazeera, le Canadien Mohamed Fahmy et l’Egyptien Baher Mohamed, a indiqué un porte-parole de la Présidence. Mohamed Fahmy, dont le Canada réclamait la libération, avait été accusé, avec ses deux autres collègues : l’Australien Peter Greste et l’Egyptien Baher Mohamed, d’avoir soutenu, à travers leur couverture médiatique, les Frères musulmans, confrérie d’où est issu Mohamed Morsi, destitué en juillet 2013, par l’actuel Président Abdel Fattah al-Sissi.

Les trois journalistes de la chaînes qatarie avaient tous été condamnés à trois ans de prison ferme par un tribunal égyptien, le 29 août 2015. Ce jour-là, Mohamed Fahmy et Baher Mohamed étaient présents au tribunal, tandis que l’Australien Peter Greste avait été jugé par contumace. Après plus d’un an d’emprisonnement, le journaliste australien Peter Greste, avait finalement été libéré, dimanche 1er février 2015, puis expulsé d’Egypte.

Une condamnation « scandaleuse et répugnante », avait fustigé le directeur exécutif de l’antenne anglophone de la chaîne qatarie. « Ce verdict à l’encontre de l’Australien Peter Greste, du Canadien Mohamed Fahmy et de l’Egyptien Baher Mohamed, est une attaque délibérée contre la liberté de la presse », avait réagi la chaîne satellitaire Al-Jazeera dans un communiqué.

A l’international aussi, l’arrestation et le procès des trois journalistes avaient été très critiqués, provoquant une levée de boucliers. De nombreuses ONG de défense des droits de l’Homme avaient dénoncé un procès politique et une justice partiale au service du pouvoir.