Egypte : la police entame une grève générale


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Une semaine après la condamnation à la peine de mort contre 21 jeunes supporters de football, l’Egypte replonge dans le chaos. La crise gagne du terrain et touche aujourd’hui la police qui dénonce une machination politique dont elle serait victime.

« Nous suspendons notre travail sine die, car nous refusons d’assumer la responsabilité des erreurs du gouvernement qui veut nous impliquer dans le conflit politique », déclare Hassan Mostafa, un colonel de Port-Saïd. Une déclaration qui fait état d’une police égyptienne à la fois fragilisée et indignée.

Les policiers se sentent détestés. Ils sont accusés par l’opposition et les jeunes manifestants hostiles au président Mohamed Morsi d’usage excessif de la force. Des accusations auxquelles ils veulent mettre un terme. Le jeudi dernier, des milliers de policiers se sont mis en grève à travers le pays, rejoignant ainsi une vague de manifestations isolées organisées par certains de leurs collègues depuis plusieurs semaines.

Une police victime de machination politique ?

La police se dit victime d’une machination politique qu’elle refuse catégoriquement. « Toute la société est contre nous. Elle considère les manifestants (tués dans les heurts) comme des martyrs, alors que nous n’avons même pas le droit de nous défendre », affirme Hassan Mostafa.

Les policiers égyptiens réclament la satisfaction de leurs revendications. « Nous poursuivons notre grève jusqu’à ce que le gouvernement accepte nos revendications, à savoir éloigner la police de la politique et limoger le ministre de l’intérieur », fait savoir Mohamed Fawzi, un autre colonel du Quartier général de la police.

Le ministère de l’Intérieur risque de s’effondrer

Un mouvement qui arrive à un moment très critique. Le limogeage, la semaine dernière, du chef de la police anti-émeutes pour apaiser les tensions n’a apparemment pas servi à résoudre le conflit social. Le gouvernement actuel se sent alors menacé par cette grève des policiers et tente de minimiser la situation.

Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ibrahim réfute les informations faisant état de brutalité par la police égyptienne. D’autres, notamment Abdel Rahmane Youssef, un éditorialiste islamiste modéré fait un constant plutôt alarmant. Ce dernier parle d’un probable effondrement du ministère de l’intérieur et pense que seule une élection présidentielle anticipée permettrait de sortir le pays de l’ornière.

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