Egypte : la misère sévit gravement et alimente la fronde sociale

Le Président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi

Le taux de pauvreté aujourd’hui en Egypte est de près de 40%. La misère touche plus d’un Egyptien sur trois entraînant un mécontentement populaire. Une réalité que le Président Abdel Fattah al-Sissi feint d’ignorer en accusant les islamistes d’être à la base des mouvements de protestation qui secouent son pays.

Interpellé sur les manifestations qui touchent son pays lors de son dernier déplacement aux Etats-Unis dans le cadre de l’Assemblée générale de l’ONU, le Président Abdel Fattah al-Sissi a désigné l’islam politique comme coupable devant son homologue Donald Trump. Il fait recours invariablement à cet argumentaire depuis son accession au pouvoir pour justifier les instabilités sociales et économiques que le pays traverse. Le peuple trouve cet argument non fondé et vide de sens.

En effet, en contrepartie du prêt octroyé par le FMI en 2016, l’Egypte a accepté les réformes imposées par l’institution de Bretton Woods pour assainir ses finances et redresser l’économie nationale. C’est alors que la Livre égyptienne a perdu la moitié de sa valeur par rapport au dollar américain. Les subventions étatiques sur l’énergie, le carburant et les biens de consommation jugés non nécessaires ont également été revues à la baisse. Dans la fonction publique, les recrutements ont été suspendus.

Si ces ajustements drastiques constituent déjà des sujets de mal-être pour les Egyptiens, la corruption endémique et l’inflation sont les deux facteurs qui alimentent la colère populaire. Avec les accusations de corruption généralisée dont fait l’objet le régime du Président Abdel Fattah al-Sissi, le peuple vit très mal les réformes économiques imposées par le FMI. Ce peuple se sent piégé et marginalisé et l’exprime par les mouvements insurrectionnels.

L’inflation, quant à elle, monte considérablement et touche principalement les denrées alimentaires. Le prix du sucre, du riz, du thé, etc., a doublé entre 2016 et cette année. Le prix d’autres denrées a connu une hausse vertigineuse. C’est le cas notamment de la viande dont le prix du kilo est passé de 70 à 430 Livres.