Egypte : la contestation des pro-Morsi s’essoufle

L’appel des Frères musulmans à une mobilisation massive vendredi des partisans de Mohamed Morsi n’a pas eu l’effet escompté. Seules quelques milliers de personnes sont descendus dans la rue pour dénoncer « le coup d’Etat militaire ». La sanglante répression menée par l’armée semble avoir fait son effet.

A bout de souffle, les choses se corsent pour les Frères musulmans. Alors qu’ils s’attendaient à ce que des millions de manifestants répondent à leur appel à manifester ce vendredi, pour soutenir Mohamed Morsi, finalement, seuls quelques milliers de personnes ont suivi leur mot d’ordre. On est en effet loin des énormes rassemblements des débuts de la contestation des partisans du Président égyptien déchu, après avoir été renversé le 3 juillet par l’armée.

Ce vendredi était encore une nouvelle occasion pour les soutiens de Mohamed Morsi de dénoncer le « coup d’Etat militaire » et rendre hommage aux centaines de « martyrs » tombés sous les balles de la violente répression menée par les forces de l’ordre. Près d’un millier de personnes ont été tuées en une semaine, au début de l’assaut menée par la police et l’armée à la mi-août.

Des chefs de file neutralisés

Une sanglante répression qui n’a laissé aucune chance au mouvement de préserver toute sa hargne et son énergie, serait à l’origine de l’affaiblissement. En quelques jours, les principales têtes des Frères musulmans ont été coupées une à une, suite à l’arrestation des principaux leaders de la confrérie, dont son guide Mohamed Badie. Décimés, désorganisés, les partisans du Président déchu, perdus, peinent à revenir sur leurs pas.

De nombreux observateurs prédisent un retour progressif de la confrérie à la clandestinité qu’elle a connue en grande partie depuis sa naissance, il y a 85 ans. Certains experts redoutent même que les groupes les plus radicaux des Frères musulmans, qui n’ont pas obtenus satisfaction, s’orientent vers le terrorisme.