Egypte : l’Union européenne appelle à la libération de Morsi

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a appelé, lors de sa visite en Egypte, à la libération du Président destitué, Mohamed Morsi. Ce dernier est toujours retenu prisonnier par l’armée, ce qui rend la situation au Sinaï encore plus tendue.

Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, emboîte le pas au secrétaire d’Etat américain, John Kerry. En visite en Egypte, elle a appelé à la libération du Président déchu, Mohamed Morsi, détenu par l’armée. Elle a en outre exprimé ses regrets de ne pas avoir pu le rencontrer. «Je pense qu’il devrait être libéré, mais on m’a assuré qu’il allait bien», a-t-elle déclaré au terme de sa journée au Caire.

John Kerry a quant à lui exhorté le pays à reprendre la direction de la « stabilité ». « L’ordre doit être restauré, la stabilité doit être restaurée, les droits doivent être protégés (…) et le pays doit être capable de reprendre le cours normal des choses », a-t-il déclaré, tout en se disant « inquiet des arrestations politiques ». A la différence de la Turquie où le chef du gouvernement turc, Recep Tayyip Erdo?an, a fermement condamné la destitution de Morsi, en affirmant qu’il le considérait toujours Président d’Egypte, les Etats-Unis ont refusé d’affirmer s’il s’agissait ou non d’un coup d’Etat militaire. L’administration Obama table au contraire sur de rapides élections, condition pour maintenir son aide (1,5 milliards de dollars par an au Caire).

Des législatives à la présidentielle

Le nouveau gouvernement égyptien a prêté serment mardi et ne compte aucun membre des Frères musulmans. Et pour cause, le parti Liberté et Justice (Frères musulmans) ne reconnaît aucune légitimité au nouveau pouvoir et continue de clamer le retour de Mohamed Morsi, renversé par l’armée le 3 juillet dernier. Le gouvernement transitoire devra œuvrer pour une réconciliation nationale qui s’annonce des plus mal. Il a également la mission de mener l’adoption d’une nouvelle Constitution et de tenir de nouvelles élections législatives d’ici début 2014, en prélude d’une nouvelle présidentielle.

Les rencontres entre Ashton, Kerry et le nouveau pouvoir ont été marquées par le défilé de milliers de partisans du Président déchu, près du siège gouvernement. Tous réclamaient le retour de Morsi tout en pointant du doigt un « gouvernement illégitime ». La manifestation s’est déroulée de manière pacifiste, mais de nouvelles attaques contre les forces de l’ordre ont lieu mercredi. Trois policiers ont été tués dans la péninsule du Sinaï, principalement peuplée de bédouins et d’islamistes radicaux, où la situation est tendue depuis le renversement de Morsi. Mardi soir, six soldats et deux civils ont été blessés dans une attaque au lance-roquettes.

La présence militaire étant limitée suite au traité de paix signé en 1979 avec Israël, mais l’Etat hébreu a donné son feu-vert au Caire pour déployer davantage de militaires afin de contrer cette instabilité grandissante. Déjà une vingtaine de blindés et de transports de troupes sont arrivés mardi à Al-Arich.