Egypte : l’après-Moubarak se met en place

Un pas important a été franchi en Égypte où les Etats-Unis, par la voix d’Hillary Clinton, viennent d’appeler à « une transition en bon ordre ». Après la nomination d’Omar Souleimane au poste de vice-président, l’administration du pays est maintenant assurée aux yeux des Américains, et le départ de Moubarak est désormais possible.

Les Etats-Unis, par la voix d’Hillary Clinton, viennent de faire un nouveau pas dans la gestion de la crise égyptienne. La chef de la diplomatie américaine vient, en effet, de déclarer sur CBS : « Nous souhaitons voir une transition en bon ordre. Nous demandons instamment au gouvernement Moubarak, qui est toujours au pouvoir (…), de faire ce qui est nécessaire pour faciliter ce genre de transition » rapporte l’AFP. Considérant que les changements actuels sont très insuffisants, cette intervention d’Hillary Clinton sonne comme la fin définitive du soutien américain à Hosni Moubarak.

Déjà, le retour précipité des Etats-Unis mercredi dernier de Sami Anan, le chef d’état-major de l’armée égyptienne, pouvait laisser penser que les Américains lui avaient donné plusieurs instructions pour gérer la situation. Puis, la nomination d’Omar Souleimane au poste de vice-président a permis de mettre en place un homme qui aurait toutes les compétences pour reprendre rapidement la gestion du pays.

Vers un tadem Souleimane – ElBaradei ?

Chef des renseignements égyptiens, proche des Américains et connaissant bien la CIA, les services secrets américains, de par ses fonctions, il est en charge de la plupart des dossiers sensibles d’Egypte, à commencer par la gestion du conflit entre Israël et la Palestine. Un point crucial pour l’Amérique. Issu d’une famille bourgeoise, sa brillante carrière militaire et sa réputation d’homme intègre en font un parfait candidat pour gérer le pays. Un candidat accepté de l’intérieur et parfaitement à même de poursuivre la politique souhaitée par les américains dans la région.

Mais, pour que la solution soit satisfaisante pour tout le monde, il faudra sans doute aussi compter sur Mohamed El Baradei. Chargé par l’opposition, dont les Frères Musulmans, de négocier le départ de Moubarak, l’ancien prix Nobel de la Paix a déclaré aux manifestants près de la place Tahrir, au Caire : « Je vous demande de patienter, le changement va arriver dans les prochains jours ».

Il est donc tout à fait possible qu’un gouvernement de consensus soit mis en place, donnant une place à l’opposition sous la présidence d’Omar Souleimane. Ce scénario relève aujourd’hui néanmoins de la fiction. Car faudrait-il encore qu’Hosni Moubarak accepte de quitter le pouvoir, la solution qui paraît la plus raisonnable. Autre alternative sinon : la répression pure et simple qui ouvrirait une période de violence et d’incertitude en Egypte.