Égypte: Hosni Moubarak risque la peine de mort

Le procès de l’ancien chef d’Etat s’est ouvert mercredi au Caire sous haute surveillance. Hosni Moubarak est accusé d’avoir commandité le meurtre des manifestants lors des soulèvements du début de l’année en Égypte. Il est également accusé de corruption tout comme deux de ses fils. Il risque la peine de mort. Il a plaidé non coupable. L’audience a été renvoyé au 15 août.

Pâle, vêtu de blanc et porté sur une civière. Pour sa première apparition publique depuis sa chute le 11 février, Hosni Moubarak s’est montré très affaibli. Il a été transporté par hélicoptère puis dans une ambulance, jusqu’à l’académie de police du Caire, où son procès s’est ouvert ce mercredi matin sous haute surveillance. L’ancien rais est resté allongé pendant l’audience. A ses côtés dans le box des accusés, une grosse cage en fer spécialement aménagée pour la circonstance, ses deux fils Alaa et Gamal et son ancien ministre de l’Intérieur, Habib el-Adli. Comme lui, tous sont vêtus de blanc, la tenue réglementaire des accusés non encore condamnés. Ils sont accusés de corruption et surtout de meurtre.

Un procès sous haute sécurité

Six cents personnes dont des avocats et des journalistes ont été autorisés à suivre le procès dans la sale d’audience. A l’extérieur, des centaines d’autres personnes, pro ou anti-Moubarak, qui se sont affrontés avec violence, en dépit de l’impressionnant dispositif de sécurité. Plus de 6000 policiers, des véhicules blindés ont été mobilisés autour de l’académie de police, qui jouxte un important camp militaire. Un écran géant a été installé, le procès étant retransmis à la télévision nationale.

Âgé de 83 ans, Hosni Moubarak serait très malade. Il avait été soigné d’un cancer de la prostate en Allemagne, six mois avant sa chute. Il aurait toujours un cancer, même si son état a été déclaré stable par ses médecins. Il refuse par ailleurs de s’alimenter.

Peine capitale?

Un représentant du Parquet général a accusé M. Moubarak de s’être mis d’accord avec l’ex-ministre de l’Intérieur, Habib el-Adli pour le meurtre « prémédité » de manifestants anti-régime dans plusieurs gouvernorats d’Égypte. Il a aussi accusé Alaa et Gamal Moubarak de corruption.

L’ancien président risque gros: si le tribunal établit qu’il a donné l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants, il pourrait être condamné à mort et exécuté. Les soulèvements de janvier-février qui ont précédé sa chute avaient fait 864 morts et des milliers de blessés, selon le bilan officiel. Il a plaidé non coupable. «  Toutes ces accusations, je les nie complètement », a-t-il déclaré d’un seul souffle dans un micro qui lui avait été tendu. Ses fils, qui tenaient tous deux des livres à la main, probablement des exemplaires du coran, ont également pris la parole pour se déclarer non coupable.

Après un ajournement pour délibération peu après midi, le procès a été renvoyé au 15 août. L’ancien rais restera dans un hôpital du Caire jusqu’à cette audience.