Egypte : fin de l’état d’urgence, l’ONU appelle au droit de manifester

Alors que les Etats-Unis ont salué la levée de l’état d’urgence en Egypte, qui a pris fin mardi, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, appelle les autorités à respecter le droit de manifester et la liberté d’association.

Initialement prévue pour ce jeudi, la levée de l’état d’urgence a finalement eu lieu mardi, sur ordre d’un tribunal égyptien. L’état d’urgence et le couvre-feu avaient été décrétés le 14 août, suite à l’intervention des forces de sécurité contre les campements des partisans du président déchu Mohamed Morsi. Imposé pendant un mois, puis prolongé le 12 septembre de deux mois, la justice a donc estimé que l’état d’urgence devait prendre fin mardi 12 et non jeudi 14 novembre.

La levée de l’état d’urgence, qui permettait aux autorités de procéder à des arrestations et des perquisitions sans mandat, a été saluée par Washington. De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a saisi cette occasion pour plaider en faveur du droit de manifester en Egypte et à la liberté d’association. Ban Ki-moon a rappelé « l’importance du respect des manifestations pacifiques et de la liberté d’association, ainsi que l’engagement en faveur du dialogue et de la non-violence », selon une déclaration, mercredi soir, de son porte-parole.

Une nouvelle législation ?

Les autorités égyptiennes débattent actuellement d’un projet de loi réglementant les manifestations. Ban Ki-moon a tenu à souligner que les droits de l’Homme devraient être la base de toute nouvelle législation. D’après la presse locale, ce projet de loi octroie à la police le pouvoir d’interdire une manifestation et prévoit que les organisateurs préviennent les autorités au moins 10 jours à l’avance pour toute réunion de plus de 10 personnes, qu’elle soit publique ou privée.

« Le secrétaire général continue de souligner la nécessité de la participation politique, du respect des droits de l’homme, y compris pour les individus placés en détention, et de la primauté du droit comme base de la transition démocratique pacifique en Egypte », conclut la déclaration.

L’Egypte est, depuis la démission contrainte de Hosni Moubarak, le 11 février 2011, en phase de transition politique. Les importantes manifestations contre le pouvoir des Frères musulmans ont poussé l’armée à destituer le 3 juillet dernier le président Mohamed Morsi, pourtant élu démocratiquement le 30 juin 2012. Des centaines de personnes ont perdu la vie dans des violences opposant les forces de l’ordre et les pro-Morsi. La Constitution est depuis suspendue et un gouvernement par intérim, dirigé par Adly Mansour remplace le pouvoir islamiste.