Egypte : famille je vous hais

Arte vous propose ce soir une Thema spécial  » Impression d’Egypte « . Le documentaire de Mustapha Hasnaoui  » Le Caire, mère et fils « , fait partie de la programmation.

Le dernier documentaire de Mustapha Hasnaoui,  » Le Caire, mère et fils « , confronte une mère et son fils à leur histoire familiale et personnelle, qui souvent se confond avec l’histoire de la nation égyptienne. Entre amour et haine, le réalisateur égrène une large palette de sentiments et donne une image sans complaisance de l’Egypte contemporaine.

Amr est fils d’une grande famille bourgeoise cairote. Ne supportant plus son milieu et sa classe il quitte l’Egypte en 1977. Il n’y reviendra que 10 ans plus tard . Tout a changé, il ne reconnaît plus le Caire de son enfance. Seule sa mère, Fatma, semble être restée figée dans l’époque coloniale et féodale.  » -Papa était riche ? – Bien sûr, il avait de l’argent, sinon je ne l’aurais pas épousé – Maman ! – Eh quoi ? Chacun se marie selon sa classe. « 

La vieille dame élégante mène sa ferme déchue d’une main intransigeante. Elle mélange les genres : on la voit tête nue puis avec ce voile chic et de bon goût, le higâb, en vogue dans la bourgeoisie égyptienne. Puis la femme d’affaires se fait rétrograde :  » La femme est faite pour rester à la maison. Depuis que la mère travaille, la société va mal. (…) J’aime que les jeunes filles prennent le voile très tôt « . Son fils aussi est plein de contradictions : fervent défenseur de la laïcité, il passe ses nuits à s’imprégner du mysticisme populaire des moulids (fêtes religieuses),  » On dirait que c’est le seul endroit où les gens s’expriment librement «  dit-il, ému par la danse et la transe.

Portrait de famille

On traverse les époques, au gré des souvenirs croisés – et souvent contradictoires – de la mère et du fils. De la réforme agraire de 1954, qui affaiblit considérablement la famille, au libéralisme effréné des années 80 en passant par la mort de Nasser et la guerre de 1967, les soubresauts du pays accompagnent les états d’âme des deux personnages. Entre tyrannie maternelle et incompréhension totale, ils tentent de recomposer leur passé.

Pour qui connaît et aime l’Egypte, c’est un vrai délice de se replonger dans les rues bruyantes et populeuses du vieux Caire, de revoir les vitrines clinquantes et le marbre frais des quartiers chics et de retrouver les fellah de la campagne fumer la chicha et boire le karkadé.

Le documentaire de Mustapha Hasnoui  » Le Caire, mère et fils  » dure 52 mn. C’est une coproduction Ina/La sept-ARTE. Il est diffusé sur Arte dans le cadre de la Théma  » Les Egyptiens « , ce jeudi 6 juillet 2000 à 22h50.