Egypte : des élections législatives en 2014 ?

Alors que les manifestants pro-Morsi enterrent leurs morts, le Président par intérim, Adly Mansour, a émis une déclaration constitutionnelle prévoyant l’organisation d’élections législatives début 2014.

Moins d’une semaine après que l’armée a renversé Mohamed Morsi, le Président par intérimaire d’Egypte, Adly Mansour, a fixé ,ce lundi, un calendrier pour organiser des élections législatives dans le pays avant 2014. Un scrutin qui sera ensuite suivi d’une élection présidentielle. La déclaration d’Adly Mansour prévoit la nomination dans moins de 15 jours d’un Comité constitutionnel qui aura deux mois pour présenter ses amendements. Une nouvelle Constitution sera en outre soumise au référendum, puis une Présidentielle sera annoncée.
Cette annonce intervient alors que les islamistes manifestent en faveur du retour de Mohamed Morsi.

Des promesses d’élections sur fond de manifestation

Les Frères musulmans ont immédiatement rejeté l’annonce des nouvelles autorités. Par ailleurs, ce lundi, 51 personnes ont trouvé la mort lors de manifestations pro-Morsi, aux abords du siège de la Garde républicaine. Cette manifestation a également fait 530 blessés. Selon l’agence officielle Mena, des islamistes ont manifesté dans plusieurs villes du pays, malgré un appel de l’armée à cesser la manifestation. Le Parti de la Justice et de la Liberté (PLJ) appelle à une manifestation ce mardi. Il souhaite que le « peuple d’Egypte se soulève contre ceux qui sont en train d’essayer de lui voler sa révolution avec des chars », rapporte TV5 Monde. Les Frères musulmans appellent aussi à de nouveaux rassemblements, ce mardi.

Vers un gouvernement de transition ?

Alors que le Président intérimaire, Adly Mansour, annonce la tenue prochaine d’élections législatives, le gouvernement de transition peine à voir le jour. En effet, le Président intérimaire peine à trouver un Premier ministre qui fasse l’unanimité. Le parti salafiste Al-Nour s’oppose à la nomination de Mohamed El-Baradei, ancien dirigeant de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ainsi que de celle de l’économiste Ziad Bahaa Eldin. Le parti Al-Nour a par ailleurs dénoncé le « massacre » de manifestants islamistes devant un bâtiment militaire. Samir Radouane, ancien ministre des Finances fait désormais office de favori pour devenir Premier ministre par intérim. Il obtient d’ailleurs le soutien du parti salafiste.

Dans l’attente de la nomination d’un Premier ministre par intérim et d’élections législatives, le pays fait face à de manifestations de plus en plus sanglantes qui pourraient, si elles se poursuivent, aboutir à une guerre civile.