Egypte, chronique d’une victoire annoncée

Le régime s’est donné tous les moyens pour gagner les élections et pour casser l’opposition. A quelques jours de la troisième phase du scrutin, la police a arrêté plusieurs candidats islamistes. Sans motifs. Le parti du travail (PT, trotskiste) a été interdit. Résultat : le parti du président a gagné, faute de combattants.

On reprend les mêmes et on recommence. Le Parti national démocrate ( PND ) a raflé, à quatre jours du dernier tour, 258 sièges sur les 321 déjà attribués. Sans faire campagne. Ce chiffre est à revoir à la hausse après le 18 novembre pour les nouveaux sièges que le PND gagnera encore et la majorité des indépendants qui viendront garnir ses rangs.

En se présentant désunis et surtout en évitant toute opposition frontale avec le pouvoir, les opposants ont aidé le PND à se présenter en parti fiable, sérieux. Seul le mouvement des Frères musulmans a réussi à faire élire 16 candidats. Malgré la répression policière. Ils ont contourné l’interdiction de leur parti et celle du PT, qui les accueillaient dans le passé car  » révolutionnaires « , en se présentant comme indépendants.

Thèmes repris par le PND

Les Egyptiens ont voté pour les Frères musulmans sans tenir compte du candidat. L’étiquette islamiste suffit pour faire le plein de voix. L’arrestation des candidats entre les tours n’a fait que renforcer leur image d’opposants. Ils reviennent donc au parlement après dix ans d’absence en tant que premier parti d’opposition.

Les grands perdants sont le parti libéral néo-Wafd et le parti nassérien. Ces deux organisations n’ont pas su se détacher du pouvoir. Leurs thèmes de campagne ont été phagocytés par le parti de Moubarak.

Neuf personnes ont été tuées depuis le début de ce scrutin.

Retrouvez notre interview sur les candidats « indépendants »