Egypte : Amr Moussa aux commandes de la Constituante

La Constitution égyptienne est toujours en question. Amr Moussa, ex-candidat à la Présidentielle, a été élu ce dimanche président du « Comité des 50 », chargé de la révision de la Constitution suspendue par l’armée, suite au renversement de Mohamed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans.

Il voulait être Président de l’Egypte. Mais il se retrouve finalement aux commandes du « Comité des 50 », chargé de la révision de la Constitution égyptienne. L’ex-secrétaire de la Ligue arabe Amr Moussa, ancien candidat à la Présidentielle, a été choisi ce dimanche pour présider ce comité qui a d’ailleurs déjà entamé ses travaux de révision de la Constitution. Cette dernière a été suspendue suite au renversement par l’armée de Mohamed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans.

Le « Comité des 50 » est lui composé de 50 personnalités principalement issues des courants libéraux et de gauche. Il doit aussi élire les deux adjoints du président et former plusieurs commissions. La tâche du comité est rude dans une Egypte troublée par les violences depuis le renversement de Mohamed Morsi.

Constitution en question

La révision de la Constitution est l’un des principaux chantiers prévus par la feuille de route présentée par l’armée pour la transition sensée mettre fin à la crise politique qui mine le pays. Boudée par les révolutionnaires, qui ont mis un terme au régime de Hosni Moubarak, lors du soulèvement de février 2011, l’actuelle Constitution adoptée en décembre dernier par référendum, avait été soupçonnée d’ouvrir la voie à une islamisation de la législation.

« Le Comité 50 » a 60 jours pour remettre la version finale de la Constitution amendée au Président par intérim, Adly Mansour, qui aura alors 30 jours pour annoncer la date d’un référendum. Il est composé de représentants des institutions religieuses du pays, de la société civile, du mouvement Tamarrod, à l’origine des manifestations massives du 30 juin sur lesquelles s’est appuyée l’armée pour déposer Mohamed Morsi, le 3 juillet. Le comité comprend aussi des représentants de l’armée, de la police, des syndicats, des étudiants et des femmes.

De leur côté, les Frères musulmans qui poursuivent toujours les manifestations pour dénoncer le « coup d’Etat » contre Mohamed Morsi, considèrent les nouvelles autorités comme « illégitimes » et refusent toujours de participer à la transition. Un refus qui met à mal la sortie de crise du pays.