Église Presbytérienne Camerounaise : cérémonie de mise à la retraite du Révérend Ngok Ardnol à Douala


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Église presbytérienne camerounaise
Église Presbytérienne Camerounaise

Le temple de la paroisse EPC Sion, situé dans le 5e arrondissement de Douala, a accueilli du 10 au 12 juillet 2026 les assises ajournées du consistoire Adna du synode Babimbi. Ces travaux ont été marqués par la mise à la retraite du révérend Ngok Ardnol, après 43 ans de ministère pastoral.

Après plus de quatre décennies consacrées au ministère pastoral, le Révérend Ngok Ardnol a officiellement quitté ses fonctions au sein de l’Église presbytérienne camerounaise (EPC). Réunis à Douala à l’occasion des assises ajournées du Consistoire Adna du Synode Babimbi, responsables ecclésiastiques, fidèles et proches ont rendu hommage à un pasteur dont le parcours, entamé en 1983, a été marqué par plusieurs affectations, un engagement constant au service de l’Église et une distinction honorifique décernée au terme de sa carrière.

Qui est le Pasteur Ngok Ardnol ?

Pasteur Ngok Ardnol

Le Pasteur Ngok Ardnol est né le 5 juillet 1956 à Baptég, un village du groupement Ndôg Kôbe, précédemment rattaché à l’arrondissement de Ndom, dans le département de la Sanaga-Maritime, mais qui, depuis le dernier découpage administratif, relève de l’arrondissement de Nyanon.

Marié et père de neuf enfants, il fait lui-même partie d’une fratrie de huit enfants, dont quatre garçons et autant de filles.

Les parents du jeune Ngok Ardnol, Tonye Simon et Ngo Ngimpack, le font baptiser en 1966 par le pasteur Bogmis Seme Josué. Il est consacré pasteur de l’Église Presbytérienne Camerounaise (Epc) le 27 mars 1983 à la paroisse « Filipi » dans la localité de Bôtbadjañ.

Un parcours marqué par les épreuves

Le pasteur Ngok Ardnol déclare avoir rencontré beaucoup de difficultés dans sa vie, des difficultés liées au contexte de la période de sa naissance, une époque de grande instabilité sociale dans certaines parties du Cameroun, entre 1957 à 1975 et marquée notamment par des déportations massives sur fond de luttes d’indépendance avec pour conséquences visibles et palpables la précarité et la pauvreté.

Reçu au Certificat d’Études primaires élémentaires (Cepe) en juin 1969 à Ngambe, le jeune Ngok Ardnol s’inscrit au Collège Saint Bruno de Samba. Il y passe deux années. A la rentrée de septembre 1971, il rejoint, en classe de quatrième, le Collège d’enseignement général (Ceg) de Ngambe d’où il est renvoyé en fin d’année scolaire. En septembre 1975, après une trêve d’études de trois années, il est pris en main par le Révérend Nhanag Massok Samuel à Bibia (Lolodorf), qui l’inscrit en septembre 1975 au Collège Bokally. En juillet 1977, il obtient le Brevet d’études du premier cycle (Bepc) à la suite de l’oral de contrôle, au centre d’Ebolowa. La même année, sous la houlette du pasteur Nhanag Massok, il s’inscrit à l’Ecole de Théologie Dager de Bibia.

Dans la foulée, en novembre 1977, le Consistoire Babimbi décide de le parrainer. Il termine ses études deux ans plus tard et est installé comme « Licentiate » en juillet 1979.

Le témoignage du Révérend Ngok Ardnol

« Au cours des quarante-trois années qu’a duré mon pastorat, je n’ai jamais exprimé le désir d’être nommé modérateur dans les paroisses qualifiées de grandes. Je me suis toujours soumis à la volonté de mon consistoire. Mon seul et unique objectif étant de servir l’Eglise au mieux, en tout temps et en tout lieu. Je rappelle à cet égard que j’ai exercé les fonctions de modérateur du Consistoire Babimbi le temps d’une semaine, car j’avais fait l’objet d’un détachement de mon consistoire pour le Consistoire Métet. J’avais rejoint mon nouveau poste de travail, la paroisse Bôtñem à Mbalmayo, sans regrets ni ressentiment, déclare le pasteur Ngok Ardnol.

« Je rends infiniment grâce au Seigneur qui, pendant toute la durée de mon magister comme pasteur, m’a accompagné de sa protection en permanence, intervenant toujours en ma faveur lorsque j’étais confronté à des problèmes, nombreux et divers, que je m’abstiens d’énumérer ici. Que l’Éternel soit glorifié pour ce qu’il a fait pour moi : quarante-trois ans et trois mois de ministère qui s’achève en beauté sans déposition », conclut-il.

Les hommages des fidèles

Selon l’ancien de l’église Ngog Job, président du comité d’organisation de la cérémonie de mise à la retraite, « le pasteur Ngok Ardnol qui prend sa retraite aujourd’hui, est un chrétien authentique, parce qu’en réalité, le titre, c’est une chose, mais la mise en pratique en est une autre. Le pasteur Ngok Ardnol est un pasteur intègre, sobre. Partout où il est passé, il a été celui qui ne s’est jamais sali dans les problèmes de gestion des finances de l’église. Il s’est toujours concentré sur l’annonce de l’évangile de Christ. Et vous voyez, pour son départ à la retraite, le comité qui a été choisi, je vous assure, nous étions une vingtaine de personnes (hommes et femmes), et tous ont participé activement et sans contrainte. Ceci témoigne de l’amour et de la confiance que les fidèles ont envers lui ».

« Il est parti en retraite, mais il reste pour nous, un pasteur dont nous serons toujours à ses côtés », ajoute-t-il. « Pendant 43 ans, nous avons cheminé ensemble. Nous gardons du Rév. Ngok Ardnol, beaucoup de qualités. Il se repose, mais il reste en fonction », indique Evelyne Ngo Lambidjeck, ancienne de l’église et journaliste retraitée de la Crtv.

Des témoignages de reconnaissance

« Le pasteur Ngok Ardnol qui va en retraite ce jour, m’a tellement marquée par ses prédications, son comportement, sa promptitude à venir en aide, etc. Il me souvient que lors des obsèques de ma maman, bien que prenant part aux assises du Synode Babimbi, le Rév. Ngok, avait sacrifié un peu de son précieux temps, pour venir dans notre village. Et son collègue du coin étant absent, c’est lui, qui avait procédé à l’inhumation. Pourquoi ne pas être reconnaissant envers ce ministre de culte, qui a servi tant d’années, avec loyauté, dignité, abnégation,… », indique la jeune en Christ Fidèle Nong.

« Du haut de mes 76 ans, et de mes 21 ans à la charge d’ancien de l’église, le Rév. Ngok Ardnol a fait deux passages (affecté) dans notre paroisse. Contrairement à certains de ses collègues qui sont toujours « à couteau tiré », avec les anciens de l’église, les diacres, les fidèles, partout où ils sont affectés, le Rév. Ngok, à chacun de ses passages, nous avons toujours travaillé, main dans la main. J’ai remarqué en cet homme de Dieu, le sourire, la gentillesse, la promptitude à porter secours, l’esprit de partage, l’amour du travail bien fait, etc. », déclare l’ancien de l’église Thomas G.

Un héritage pastoral salué

« Je saisis l’opportunité que vous m’offrez, pour dire à ce bon berger, que la retraite, pour quelqu’un qui a bien semé, même ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, vont bénéficier de ses beaux fruits. Bref, il ne doit s’inquiéter de rien ! », ajoute-t-il.

Pour Samuel T., président d’une chorale, « Le Rév. Ngok Ardnol, qui va en retraite, bien qu’il ne sera plus en pleine activité, nous manquera à toujours. Contrairement à certains de ses collègues qui ont l’art de pratiquer la politique de  » diviser pour mieux régner « , ne peuvent-ils pas copier le bon exemple ? Je voudrais par-là, dire éviter le climat de tentions partout où ils sont appelés à servir. Les pasteurs ne sont pas sans ignorés qu’ils viennent dans une paroisse, puis, passent. Alors, que les anciens de l’église, les diacres et les fidèles, sont sur place. Pourquoi donc faire cogner les têtes à ses plus proches collaborateurs que sont les anciens de l’église et les diacres ? Que profitent-ils en procédant de la sorte ? Se sentent-ils à l’aise, quand on les renvoie là où ils avaient semé le désordre ? Un leader religieux doit toujours marcher tête haute !».

Une distinction honorifique

Selon le chrétien Daniel H., « Rien ne peut manquer à un bon leader religieux. Car, parmi ses fidèles, on retrouve des talents de tous genres (ingénieurs, enseignants, journalistes, médecins, avocats, comptables, maires, ministres, conseillers municipaux, commissaires de police, commandants de brigade, généraux d’armée,..).

« Il suffit juste de bien manager et le tour est joué pour le bonheur du berger et des fidèles ». Pour le travail abattu pendant 43 ans, le Consistoire Adna n’est pas passé par quatre chemins pour donner le titre de « Très Emérite » au pasteur Ardnol Ngok. Il est en retraite, mais il va continuer à pratiquer les actes pastoraux (prédication, baptême, célébration de mariage, …). En prélude à cette cérémonie très courue, un méga concert de musiques religieuses avait été organisé par les choristes, vendredi le 10 juillet 2026, au sein dudit temple.

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