Cameroun : La drogue n’est pas un objet d’amusement


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affiche Cameroun, des élèves consomment de la drogue dans la rue
affiche Cameroun, des élèves consomment de la drogue dans la rue

La consommation de drogues, qu’elles soient licites (alcool, tabac…) ou illicites (cannabis, tramadol, caillou, thaï…), a des conséquences graves sur le développement d’un pays. De nombreuses études révèlent que près d’un tiers des personnes atteintes de maladies mentales présentent un problème de consommation de drogues, et qu’un tiers des personnes dépendantes à l’alcool ou à d’autres drogues illicites (cannabis, tramadol, caillou, thaï,…), souffrent également de troubles psychiatriques.

À en croire les experts, la consommation de drogues est en forte hausse au Cameroun, notamment chez les jeunes, scolarisés ou non. Plusieurs facteurs l’expliquent : la tolérance croissante de la société ; la recherche du plaisir ; la curiosité et l’ignorance ; le désir d’enfreindre la loi ; l’influence sociale ; la volonté de surmonter un sentiment d’incompétence ou d’infériorité ; ou encore la recherche d’un soulagement face à la souffrance. Pourtant, la drogue reste une impasse.

« Pour quelques instants de plaisir, les drogues nous conduisent à des années d’enfer. Les conséquences sociales de leur consommation sont multiples : échec scolaire, professionnel et familial, isolement, marginalisation, exclusion sociale, violence, problèmes judiciaires… Après les moments d’euphorie viennent ceux de la souffrance, puis l’esclavage douloureux de la dépendance. L’addiction aux drogues expose aux cancers, à la dépression, à des crises de type épileptique, à divers troubles du comportement et à la schizophrénie », indique le docteur Kommegne Théodore, psychopathologue spécialisé en addictologie.

Des cas concrets

« C’est avec les larmes aux yeux que je vous parle de ma situation. Je suis un ancien toxicomane de 34 ans. Je me souviens qu’à l’âge de 10 ans, sur le chemin de l’école, un adulte m’avait demandé d’acheter une cigarette et de la lui remettre allumée. J’ai tiré une seule fois, puis je me suis mis à tousser. Il m’a dit : “Ça va passer, mon fils. N’aie pas peur. Ce que tu viens de faire va te fortifier.” C’est ainsi que j’y ai pris goût. J’ai commencé par fumer, puis à consommer d’autres drogues, en cachette.

Le comportement (rester toujours en retrait, sommeil prolongé, arrogance, agressif, passer des nuits dehors, entrer et sortir de la maison sans permission, …), que j’affichais déjà à la maison, avait fini par m’exposer. C’est ainsi que, mes parents avaient décidé de m’amener à l’hôpital, pour une consultation en addictologie. Les résultats s’étant avérés positifs, j’avais été soumis à un traitement rigoureux. Et Dieu merci, aujourd’hui, je mène normalement ma vie et je suis à l’université »,», témoigne l’étudiant Joseph L.

« Le problème de la drogue est bien réel dans notre pays. Les parents, même très occupés, doivent redoubler de vigilance. Au moindre doute concernant le comportement de leur enfant, il est essentiel de consulter rapidement », ajoute-t-il.

Selon l’assistante sociale Ngo Bouth Madeleine, « la dépendance aux drogues est une maladie chronique, mais pas une fatalité. Le traitement est exigeant, long et complexe. Il nécessite l’engagement total du patient et de son entourage ». « La drogue est un poison délicieux. La choisir, c’est réduire sa vie aux plaisirs immédiats, en sacrifiant son avenir », conclut-elle.

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