Cameroun : un faux décret sur le Vice-président déposé à la CRTV déclenche une enquête d’envergure


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Adresse du président de la République à la nation
Adresse du président de la République, Paul Biya à la nation

Le dépôt d’un pli contenant un prétendu décret présidentiel portant nomination d’un vice-président de la République dans les locaux de la CRTV à Yaoundé a provoqué une vive agitation au Cameroun. Les autorités ont ouvert une enquête après l’interpellation du porteur du document. Cette affaire intervient quelques semaines après l’entrée en vigueur de la réforme constitutionnelle créant la fonction de Vice-président.

Le Cameroun est confronté, depuis plusieurs jours, à une affaire qui mobilise les autorités judiciaires et administratives. Début juin 2026, un individu s’est présenté au siège de la Cameroon Radio Television (CRTV), le média public, à Yaoundé. Il y a déposé un pli fermé contenant un document présenté comme un décret présidentiel portant nomination d’un Vice-président de la République.

Une enquête ouverte après l’interpellation du porteur du document

Selon les premiers éléments communiqués, le document comportait des éléments graphiques reproduisant les sceaux de la présidence de la République ainsi qu’une signature attribuée au Président Paul Biya. Le texte n’a toutefois jamais été diffusé sur les antennes de la télévision nationale. L’affaire n’a été révélée au public que plusieurs jours après les faits.

À la suite de la découverte de cette tentative, les autorités camerounaises ont procédé à l’interpellation de l’homme ayant remis le pli. Celui-ci est actuellement entendu par les services compétents dans le cadre d’une enquête destinée à déterminer les circonstances de l’affaire ainsi que l’origine du document. Les investigations portent notamment sur les conditions de fabrication du prétendu décret, les éventuelles complicités et le parcours du document avant son dépôt à la CRTV.

Une affaire sur fond de réforme constitutionnelle

Selon des sources proches du dossier, les enquêteurs examinent également le profil du suspect afin de déterminer s’il a agi seul ou pour le compte d’autres personnes. Face aux nombreuses interrogations suscitées par cette affaire, le gouvernement camerounais a publié un communiqué officiel. Les autorités y rappellent que les actes émanant de la présidence de la République obéissent à des procédures administratives précises avant toute publication ou diffusion.

Le communiqué souligne notamment que les décrets présidentiels sont transmis suivant un circuit institutionnel clairement établi. Les autorités rappellent qu’un acte aussi important que la nomination d’un vice-président de la République ne peut être diffusé qu’après avoir suivi l’ensemble des formalités prévues par les textes en vigueur. L’incident intervient dans un contexte particulier marqué par l’entrée en vigueur d’une importante révision de la Constitution camerounaise.

Le Vice-président nommé et qui peut être révoqué par le chef de l’État

En avril 2026, le Parlement réuni en Congrès a adopté une réforme instituant la fonction de vice-président de la République. Le Président Paul Biya a promulgué cette révision le 14 avril 2026. Désormais, le Vice-président est nommé et peut être révoqué par le chef de l’État. En cas de vacance définitive de la Présidence, il est chargé d’achever le mandat en cours. Cette réforme modifie le mécanisme jusque-là en vigueur, qui confiait l’intérim au président du Sénat dans l’attente d’une nouvelle élection.

La création de cette fonction constitue l’une des principales modifications institutionnelles adoptées au Cameroun depuis la révision constitutionnelle de 2008. Le texte précise les compétences du futur Vice-président ainsi que les limites de ses prérogatives pendant un éventuel exercice du pouvoir. La nouvelle Constitution prévoit notamment que le Vice-président ne pourra pas engager certaines réformes institutionnelles majeures. Notamment en matière de révision constitutionnelle ou d’organisation de référendums, pendant la période où il assurerait la continuité de l’État.

La nomination du futur Vice-président toujours attendue

Le texte encadre également les conditions dans lesquelles il pourrait procéder à un remaniement gouvernemental. Depuis la promulgation de la réforme, aucune personnalité n’a encore été désignée pour occuper ce nouveau poste. Cette nomination relève exclusivement du président de la République, conformément aux nouvelles dispositions constitutionnelles. L’absence de décret officiel a alimenté de nombreuses spéculations dans le pays.

Plusieurs personnalités issues des institutions, de l’administration ou de l’entourage du chef de l’État sont régulièrement citées dans les débats publics, sans qu’aucune annonce officielle n’ait été faite par la présidence. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si le document remis à la CRTV constitue une initiative isolée. Les expertises portent notamment sur l’authenticité des éléments graphiques reproduits, l’origine des sceaux et les procédés utilisés pour imiter la présentation des actes officiels.

Préparation d’un nouveau programme économique avec leFMI

Les autorités examinent également les circonstances dans lesquelles le document a pu être introduit dans les locaux du média public. Les auditions se poursuivent afin d’établir le parcours complet du suspect et d’identifier d’éventuelles personnes ayant participé à la préparation ou à la remise du pli. La création du poste de Vice-président intervient dans un contexte où le Cameroun poursuit la mise en œuvre de sa Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).

Les autorités cherchent à mobiliser d’importants financements pour soutenir les investissements prévus dans les infrastructures, l’énergie, les transports et les secteurs productifs. Parallèlement, le pays prépare un nouveau programme économique avec le Fonds monétaire international (FMI) pour la période 2026-2029. Les institutions financières internationales suivent l’évolution du cadre institutionnel. Tandis que les agences de notation continuent d’évaluer les facteurs susceptibles d’influencer le risque souverain du Cameroun.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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