Eclaircie entre N’Djaména et Bangui

Le Tchad et la République centrafricaine ont décidé d’améliorer leurs relations. Ange-Félix Patassé s’est rendu chez son voisin Idriss Deby pour sceller une nouvelle entente. Signe de détente : la réouverture des frontières. Première victime : le général François Bozizé, invité à trouver une nouvelle terre d’accueil.

 » Nous avons abordé tous les problèmes existant entre nos deux pays et je suis fier de vous dire que s’il y a eu quelques nuages, ils sont dissipés « , déclare Félix-Ange Patassé à l’Afp, à l’issue de son entretien de deux heures avec son homologue Idriss Deby. Les deux étaient en froid depuis plusieurs mois, depuis la fuite du général François Bozizé, accusé par Bangui de tentative de coup d’Etat en mai dernier, vers Sarh, grande ville du sud du Tchad.

Le président tchadien refusait d’extrader l’ancien chef d’état-major, provoquant la colère des autorités centrafricaines. A leur tête Ange-Félix Patassé, qui n’avait pas de mots assez durs envers son voisin. La rencontre de deux hommes à N’Djaména est à mettre au compte du ministre libyen de l’intégration africaine, Ali Triki, qui a su convaincre le président centrafricain de faire le voyage de N’Djaména.

Lâcher de colombes

Les deux présidents ont, pour sceller leur nouvelle amitié, procédé à un lâcher de deux colombes. Un geste symbolique pour dissiper les  » nuages entre les deux pays « . Sur le fond, les deux hommes ont convenu de rouvrir immédiatement les frontières terrestres et d’éloigner les opposants des frontières.

Le Tchad et la République centrafricaine ont fermé leurs frontières en novembre dernier, chaque pays accusant son voisin d’abriter des rebelles.  » A partir de cette rencontre, tout malentendu est dissipé. Les opposants doivent être éloignés de la frontière. Nous ne pouvons accepter que des opposants restent et créent des problèmes entre les deux pays. Si les uns et les autres refusent de rentrer dans leurs pays respectifs, chacun doit quitter le territoire pour ne pas gêner les bonnes relations entre les deux pays « , tranche Idriss Deby.

La déclaration du président tchadien est un avertissement pour le général François Bozizé, prié de trouver une nouvelle terre d’accueil.

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