Ebola au Nigeria : la rentrée scolaire inquiète le corps enseignant

Au Nigeria, le syndicat majoritaire de professeurs s’inquiète de la réouverture ce lundi 22 septembre de tous les établissements du pays. Il affirme que les enseignants ne sont pas suffisamment préparés pour lutter contre le virus Ebola.

La rentrée scolaire au Nigeria a eu lieu ce lundi matin après des vacances d’été prolongées en raison de l’épidémie Ebola. Le virus a tué au total huit personnes dans le pays sur 20 cas confirmés. Malgré la décision du ministre nigérian de l’Education de repousser de quelques jours cette rentrée scolaire dans le but de contenir une éventuelle épidémie, le syndicat majoritaire de professeurs s’inquiète des risques de propagation du virus dans les établissements. Mais après avoir constaté que le Nigeria avait fait « des progrès » dans la lutte contre la fièvre hémorragique et était « sur le point de venir à bout de l’épidémie », les autorités du pays avaient fixé la réouverture de toutes les écoles du pays le 22 septembre. Une décision confortée par le fait qu’aucun nouveau cas n’a été confirmé depuis dix jours, bien que 350 personnes sont toujours en observation à Port-Harcourt, dans le sud pétrolifère, et à Lagos, la capitale économique.

Le syndicat dénonce un manque de moyens pour lutter contre l’Ebola

Mais cette évolution positive de l’épidémie au Nigeria ne rassure pour autant le NUT (Nigerian Union of Teachers), le principal syndicat nigérian des enseignants, qui avait appelé à boycotter la réouverture des écoles. Selon lui, les enseignants ne sont pas suffisamment préparés à faire face à Ebola. « Les mesures de sécurité visant à contenir une propagation de l’Ebola n’ont pas été mises en place », a déclaré Michael Olukoya, le président du NUT, à l’AFP.

Le gouvernement fédéral a pourtant demandé à toutes les écoles de former leur personnel et de s’équiper de thermomètres et de solutions hydro-alcooliques ou de lavabos et de savon, menaçant de sanctionner tous les établissements qui n’appliqueraient pas ces mesures. Mais en réalité, il existe une disparité entre les écoles publiques, dont certaines n’auraient toujours pas reçu le matériel nécessaire, et les écoles privées qui sont mieux préparées.

Le virus, qui se transmet par contact direct avec des fluides biologiques de personnes infectées, a déjà fait plus de 2 630 morts en Afrique de l’Ouest cette année.