Ebola attaque en Ouganda

Cette fièvre hémorragique n’avait plus fait de victimes depuis quatre ans. Des chercheurs ont découvert la façon dont le virus agit.

Une épidémie de fièvre hémorragique due au virus Ebola a éclaté au nord de l’Ouganda, principalement autour de la ville de Gulu, à quelque 300 kilomètres de la capitale Kampala. Les bilans annoncés sont différents selon les sources, mais au moins trente-sept personnes seraient déjà décédées de la maladie, et de nouveaux cas ont été signalés lundi à cent kilomètres de ce premier foyer. Il s’agit de l’épidémie la plus meurtrière de cette maladie depuis 1995.

Cette année-là, 245 personnes avaient succombé au virus, à proximité de la ville d’Ebola dans l’ouest de l’actuelle R.D.C. L’année suivante, deux épidémies avaient fait respectivement 21 et 45 morts au Gabon. En tout, près de 450 personnes auraient perdu la vie en Afrique à cause du virus Ebola depuis les années 70.

Le virus Ebola, récemment identifié par une équipe de chercheurs américains, provoque une maladie dont l’incubation dure trois semaines et qui s’avère mortelle dans 80 à 90 % des cas. La fièvre active une protéine qui détruit les cellules des vaisseaux sanguins. Les personnes atteintes souffrent de saignements abondants par la bouche, les yeux, le nez, les voies urinaires et l’anus.

Cible moléculaire

Dès l’annonce de l’épidémie en Ouganda, le Kenya, le Rwanda et la Tanzanie ont décidé de renforcer les contrôles sanitaires à leurs frontières. Des rumeurs circulent, selon lesquelles la maladie aurait été transmise par des soldats ougandais de retour de R.D.C. ; le ministère de la Santé les a démenties.

En juillet dernier, l’équipe de recherche du Dr Gary Nobel, du Centre de recherches vaccinales des Etats-Unis, a annoncé qu’elle avait identifié le gène du virus Ebola. La protéine découverte est désormais considérée comme  » une cible moléculaire « . Les dernières manipulations en laboratoires auraient permis d’inhiber son action, ce qu’ont démontré des expérimentations sur l’animal.