E-commerce du café au Kenya

Les premières ventes aux enchères africaines en ligne de café se sont déroulées le 10 et le 11 avril derniers sur le site kenyan Africanlion.com. Ce nouveau concept entend dynamiser un marché ancré dans de solides habitudes en accélérant les transactions et en dégageant de meilleurs prix de vente.

Révolution dans la vente de café en Afrique. Aux enchères physiques se substituent désormais les enchères virtuelles. La première expérience du genre a été tentée sur le site kenyan Africanlion.com le 10 et le 11 avril derniers avec un succès encourageant. Malgré les freins à l’introduction de nouvelles pratiques, les initiateurs du projet jugent les résultats prometteurs.

Gagner plus de 30% sur la vente d’un lot de 17 sacs de café de 50 kg chacun, le Kenyan Titus Gitau, l’un des deux fondateurs de ces enchères en ligne, n’en attendait pas tant. Et qu’importe si, sur les 17 lots proposés, seuls 2 ont effectivement trouvé preneur, avec une transaction effectuée à 453 dollars – contre 347 dans le circuit classique- , le bout d’essai reste concluant.

Méthodes coloniales

Un vent de nouveauté souffle sur des pratiques anciennes datant de l’ère coloniale. C’est en 1935 que les enchères de café ont fait leur première apparition au Kenya. 77 ans plus tard, c’est tous les mardis, dans une même salle des marchés à Nairobi, que les torréfacteurs de la région se réunissent pour acheter leurs arabicas. Malgré la suppression de toute la paperasse administrative, certains professionnels du secteur demeurent sceptiques quant à l’utilisation d’Internet dans les échanges.

Principale critique avancée : les torréfacteurs ont l’habitude de goûter le café avant de l’acheter, ce que ne permettent pas les transactions en ligne. A cela les deux promoteurs des cyber-enchères répondent qu’il suffit préalablement d’envoyer des échantillons aux acheteurs pour qu’ils puissent arrêter leur choix avant la tenue de la vente.

Multiplication des acheteurs

Autre avantage -et il est de taille- l’Internet permet à de nombreux autres acheteurs de se joindre au marché. Dans le cadre d’une vente aux enchères, on comprendra aisément la pression à la hausse ainsi exercée sur les prix. Et d’autant plus s’il s’agit de cafés spécialisés aux arômes rares.

En proposant les cafés au plus offrant sur un marché élargi via le Web, les têtes pensantes du projet estiment pouvoir vendre au moins 5 à 8% du café kenyan l’année prochaine. Convaincus mordicus de leur entreprise, ils cherchent aujourd’hui 1,25 millions de dollars pour finaliser le système et faire entrer les enchères africaines de café de plain pied dans le troisième millénaire.