Le duo Duoud métisse électronique et traditions jusqu’à l’ivresse


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Ping Kong
Ping Kong

Smadj et Mehdi Haddab sont deux virtuoses du oud, instrument traditionnel à corde très pratiqué dans le monde arabe. Originaires de Tunisie et d’Algérie, ils inventent une musique nouvelle, mêlée d’électronique et d’influences diverses. Le résultant est décapant. Le troisième album de Duoud, Pink Kong (World Village/Harmonia Mundi), nous entraîne de Paris à Alger, en passant par Londres, Tunis et Nouakchott. Un voyage inoubliable.

Duoud est composé de Smadj et de Mehdi Haddab, tous deux joueurs de ‘oud. Le premier, né en Tunisie, vit en France depuis l’enfance, et, après 5 ans d’école de jazz à Paris, s’est intéressé aux musiques électroniques – il a aussi été ingénieur du son – et a produit deux albums à son nom. Mehdi Haddab est né en Algérie, et a vécu en Afrique avant de s’installer à Paris. Pink Kong est le troisième album du duo, après Sakkat et Wild Serenade, ce dernier ayant rencontré un grand succès, encensé notamment par la très sélective BBC Radio 3, et menant nos artistes aux quatre coins du monde.

“Pink Kong” confirme Duoud comme l’un des groupes les plus talentueux du moment, inspiré des musiques de Méditerranée. Avec ce duo, qui met l’électronique au cœur de ses compositions, la musique de ‘oud devient éminemment moderne, à la fois aussi éloignée et aussi proche qu’un canapé Louis XVI peut l’être d’un canapé contemporain: la fonction est la même, l’objet est le même, mais l’esthétique est radicalement différente. Sur scène, soit nos deux compères jouent ensemble du ‘oud, Smadj plaçant alors devant lui l’ordinateur qui lui permettra d’y adjoindre ses compositions, accompagnements, et effets numériques; soit Mehdi Haddab est au luth alors que Smadj est à l’ordinateur et à la table de mixage seuls. Dans les deux cas, ils produisent une énergie incroyable !

L’album s’ouvre par “Johnny Guitar”, où le ‘oud sonne comme une guitare de l’Ouest américain (le western appartient décidément à l’imaginaire masculin universel!); fait chanter la mauritanienne Malouma, qui a déjà la réputation dans son pays de briser les traditions, sur des rythmes de musique expérimentale probablement jamais entendu sur les ondes de Nouakchott; invite un sax jazz à apporter sa douceur; ou nous entraîne dans des univers de musique house londonienne. Au total un album qui confirme que quand le meilleur de l’Orient rencontre le meilleur de l’Occident, le résultat est forcément excellent !

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